Marches des terres : des collectifs citoyens s’unissent pour freiner la bétonisation des sols agricoles en Ile-de-France

Des Marches des terres auront lieu les 9 et 10 octobre prochains en Ile-de-France pour tenter d’empêcher des projets d’artificialisation de sols. Toutes les infos sur ce week-end de mobilisations citoyennes.

Marches des terres les 9 et 10 octobre 2021
Les marches des terres, des collectifs franciliens en lutte contre l’artificialisation des sols. Illustration: lesmarchesdesterres.com

Lettrine-la région Ile-de-France manque cruellement de terres agricoles : son autonomie alimentaire n’est que de trois jours. Des milliers d’hectares de champs sont pourtant menacés de destruction par des grands projets d’infrastructures (Grand Paris, Jeux Olympiques, entrepôts, data centers…). C’est pour stopper cette bétonisation frénétique que des Marches des terres auront lieu les 9 et 10 octobre prochains. Elles vont réunir des collectifs implantés dans plusieurs départements d’Île de France, qui convergeront vers Paris.

La manifestation se déroulera en deux temps. Samedi 9 octobre, quatre cortèges partiront de quatre points cardinaux de la région : Gonesse au Nord, Val Bréon à l’Est, Sacaly au Sud, Thoiry à l’Ouest. Le lendemain, dimanche 10 octobre, les cortèges se regrouperont pour un pique-nique sur le parvis de l’Hôtel de ville de Paris et se dirigeront ensuite vers l’hôtel Matignon, où une délégation devrait être reçue par le Premier ministre, Jean Castex. Voici la présentation des différentes luttes :

Triangle de Gonesse (Val-d’Oise et Seine-Saint-Denis) : 110 hectares de terres très fertiles menacés par la construction d’une gare du Grand Paris Express (GPE).
Bernard Loup, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse : « Le projet du complexe de loisirs Europacity a été abandonné, mais nos terres sont encore menacées par la construction d’une gare du Grand Paris. Les habitants de Gonesse se trouvent à plusieurs kilomètres de cette gare, donc elle ne sera pas utilisée… On est dans l’absurde le plus complet ! On sait très bien que si on maintient la gare, c’est pour bétonner autour. »
> Départ à 9 heures au giratoire de la Patte d’Oie, à l’angle du Chemin de la Justice, Gonesse.

Plateau de Saclay (Essonne et Yvelines) : 5 000 hectares de terres agricoles et forestières menacés par la construction de la ligne 18 du Grand Paris Express.
Julie, membre du Collectif citoyen contre la Ligne 18 : « Depuis le mois de mai, le campement ‘Zaclay’ s’est installé : c’est un lieu où les gens peuvent venir, s’informer, se mobiliser. Des personnalités appuient notre lutte. Cédric Villani s’est exprimé récemment contre le tronçon ouest de la ligne 18. Une tribune de 250 universitaires rappelle que non, la ligne ne correspond pas aux besoins de transports des gens qui viennent travailler sur le plateau de Saclay. La tribune de Jean Vivier [ancien chef des services d’études de la RATP, N.D.R.], rappelle qu’il est encore temps de réduire le périmètre du GPE et de réorienter les budgets. De plus en plus de personnes s’opposent à ce projet acté il y a plus de dix ans, alors qu’aujourd’hui on a davantage conscience des enjeux climatiques, des enjeux de protection des sols. »
> Départ à 9 heures au camp de Zaclay (sur la route départementale entre le CEA Paris-Saclay et Villiers-le-Bâcle).

À lire aussi : Les charmants jardins ouvriers d’Aubervilliers menacés par les JO 2024 et le Grand Paris

Val Bréon (Seine et Marne) : 60 hectares de terres agricoles menacés par la construction d’une zone logistique.
Guillaume, membre du Collectif Stop Val Béton : « Sur les 150 hectares de terres achetés par la Communauté de Communes du Val Briard, 60 vont être artificialisés et 90 vont être utilisés pour de l’agriculture vertueuse. A nos yeux, c’est totalement insuffisant au vu des enjeux à relever pour les trente ans qui viennent. 60 hectares urbanisés avec une ‘bulle’ logistique. On ne sait pas ce qu’est la bulle. Ça reste extrêmement flou. »
> Départ à 9 heures devant la ferme communautaire aux Chapelles Bourbon.

Thoiry (Yvelines) : 5 hectares de terres agricoles très fertiles menacés par le dépôt de déchets (gravats, briques).
Philippe Heurtevent, directeur de l’association Sauvons les Yvelines : « On va à nouveau déposer 400 000 m3 de déchets inertes sur des terres agricoles d’une qualité remarquable, à 50 mètres des habitations ! Tout ceci pour quoi ? Pour toucher 7 millions d’euros pour répondre à cette obligation de stocker les déchets du Grand Paris Express, de tous les tunnels qui vont être creusés. Il y a suffisamment, autour de Paris, d’endroits où il est moins pénalisant d’aller déposer ces déchets-là : failles, anciennes carrières à boucher, etc. Mais c’est plus loin et plus cher. Ici, le terrain n’a pas de failles : ce sont des terrains plats, des terres agricoles de très bonne qualité. »
> Départ à 9 heures sur le parking de l’entrée du Château de Thoiry.

Plus d’infos sur les trajets des Marches des terres.

À noter que le 20 septembre dernier, la cour d’appel de Paris a suspendu le permis de construire des équipements olympiques qui menacent les Jardins Ouvriers d’Aubervilliers, de quoi donner de l’espoir aux autres luttes !


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À propos de l’auteur

Étudiante en Lettres modernes et engagée dans la défense de l'environnement.

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