Adopte un blob #07 : Comment les vagues de chaleur affectent les blobs et autres organismes du sol

Les organismes du sol sont les grands oubliés des études sur les effets des vagues de chaleur. Mais grâce à l’expérience de science participative du CNRS, nous allons découvrir de quelle manière les blobs sont impactés par le dérèglement climatique.

Les vagues de chaleur éprouvent fortement les blobs, image de terre craquelée avec quelques pousses
L’impact des vagues de chaleur sur les blobs et autres organismes du sol, c’est ce que tente de mesurer l’expérience du CNRS.

Lettrine-les humains ne sont pas les seuls à être perturbés par les vagues de chaleur. En choisissant les blobs comme objets d’étude via le projet de science participative « Derrière le blob, la recherche », les chercheurs du CNRS s’intéressent aux fondations de notre écosystème.

Si vous avez suivi les aventures de Blob Dylan, Blob Morane, Blob Afett et de leurs copains dispersés partout en France chez les 15 000 participants, vous avez compris qu’ils subissaient donc régulièrement des petits coups de chaud. Comme on le voit ci-dessous, une simple différence de quelques degrés modifie le comportement des blobs.

Blob Morane est plus petit
Blob Morane (le blob « contrôle ») sous une température normale de 22°C. Photo: Iris Petitjean.
Blob Dylan a chaud, en extension il cherche à explorer plus loin.
On voit ici que soumis à une température de 29ºC, Blob Dylan est allé explorer plus loin que Blob Morane, sa version contrôle.

Revenons maintenant sur le but final de cette grande expérience. Les micro-organismes sont rarement pris en compte dans les études sur le dérèglement climatique, alors qu’eux aussi produisent ou consomment des gaz à effet de serre. On préfère généralement se concentrer sur les grosses bêtes et/ou les grandes plantes, en semblant oublier que le sol n’est pas un substrat inerte !

Les premiers maillons de la chaîne du vivant sont en effet les bactéries et les autres micro-organismes. Ce sont eux qui, dans le sol, décomposent la matière organique et permettent de la redistribuer aux plantes. L’action des microbes est donc à la base de toute la biosphère. Alors, comment vont réagir les communautés microbiennes au changement climatique, et parmi elles précisément les blobs ?

MODIFICATION DES COMPORTEMENTS

Pendant l’expérience de science participative du CNRS, les participants – dont l’auteure de ces lignes – se sont donc vus proposer différents protocoles, correspondant à différents profils de simulation de vague de chaleur. Les blobs sont soumis selon les cas à une augmentation brutale de température, à une augmentation lente, ou bien à plusieurs pics de chaleur rapprochés, ou bien à un pic suivi d’une diminution… au total, 15 protocoles ont été prévus.

Est-ce qu’un coup de chaud d’une journée modifie le comportement du blob sur les jours suivants ? Est-ce qu’il peut se préparer à des variations de chaleur à intervalles prévisibles ? Quelle souche de blob résiste à la température la plus élevée ?

Pour connaître ces réponses et estimer l’adaptabilité des blobs à ces différentes modalités de canicule, il faut encore récupérer les milliers de données des participants, puis les analyser. Cette étape n’a pas encore commencé. Bientôt, nous recevrons plus d’informations pour fournir nos données à l’équipe de recherche et participer à leur exploitation.

REDISTRIBUTION DES ESPÈCES

En attendant, il est crucial de prendre conscience que la moindre perturbation peut avoir des répercussions sur tout l’écosystème. Il n’y a pas d’organisme insignifiant, à l’échelle de la biodiversité. L’augmentation des températures moyennes provoque déjà le déplacement de nombreuses espèces, qui migrent progressivement vers des latitudes plus au nord ou des altitudes plus élevées pour y retrouver leurs conditions de température idoines. La redistribution des espèces due aux modifications climatiques affecte le fonctionnement des écosystèmes, la santé humaine, et les dynamiques mêmes du changement climatique. En effet, la production des ressources alimentaires, les schémas de transmission des maladies et les mécanismes de séquestration du carbone sont modifiés par ces changements de distribution des espèces.

Les périodes prolongées de chaleur excessive, comme celle que nous vivons ces jours-ci en France, ont de nombreuses répercussions négatives sur la santé humaine (surmortalité, demande médicale accrue, etc.), l’agriculture, la fréquence et l’intensité des incendies de forêt. Il est donc crucial de connaître aussi leur impact sur les petits êtres qui vivent dans le sol.


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À propos de l’auteur

Écologue de formation, je concilie mes deux passions, les insectes et la typographie, en écrivant en pattes de mouche.

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