Plus de 20 000 consommateurs s’engagent à boycotter les supermarchés en février

Parti de Suisse, un mouvement invite les consommateurs à un mois de février sans supermarché. L’initiative est reprise en France par une vingtaine de groupe locaux.

Un marche à l'isle sur la sorgue
Marché hebdomadaire à L’Isle sur la Sorgue (Vaucluse, France), mai 2011. Crédit photo: Marianne Casamance.

Ils sont près de 20 000 en France à l’annoncer fièrement sur les réseaux : en février, ils n’iront plus au supermarché. Sous aucun prétexte. Devenue virale grâce à Facebook, l’initiative venue de Neuchâtel en Suisse débarque dans l’Hexagone où plus d’une vingtaine de groupes, de la Lorraine au Limousin, sont déjà constitués.

Rien qu’en Bretagne, 10 000 personnes se sont inscrites et s’engagent à réduire le « kilomètre alimentaire », la distance parcourue par les aliments avant d’arriver dans notre assiette. « Le but est de favoriser le circuit court et d’aider les commerces indépendants, les petits producteurs », explique Leïla, 35 ans, l’une des activistes à l’origine du projet. Au marché, il n’y a pas ces problèmes de légumes jetés car ils ne correspondent pas aux critères esthétiques de la grande distribution. »

Les commentaires sur le site Fevrier sans supermarche
Capture d’écran sur l’événement Facebook Février sans supermarché, le defi breton.

Ce mouvement anti-grandes surfaces a connu un mini précédent en France : dès avril 2016, en pleine crise des prix du lait, Mathilde Golla, journaliste au Figaro décidait de ne plus faire ses courses au supermarché pendant un mois. Son action connut un fort retentissement, jusqu’en Suisse où à Neuchâtel une poignée de consommatrices qui s’échangeaient depuis quelques années déjà des bons plans sur le bio et le vrac, décidèrent de lancer le défi localement. Entre 600 et 800 personnes participèrent en février 2017 à leur première action collective.

En ce mois de février 2018, le défi « Février sans supermarché » est en train de prendre de l’ampleur grâce aux relais de sites internet suisses comme En Vert et Contre Tout ou ArboLife. Contactée à plusieurs reprises par nos soins, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), le syndicat des hypermarchés, n’a pas souhaité commenter l’initiative.

Plus d’infos ici sur cette initiative et la liste des différents groupes régionaux.


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À propos de l’auteur

EMMANUEL VALETTE

Journaliste, j'ai rejoint l'équipe du journal minimal en 2017.

24 commentaires

  1. Comme je me refuse à consommer tout ce qui est d’origine industrielle et d’agricole prétendûment « raisonné », je n’entre quelques fois dans un supermarché que pour acheter de l’eau minérale. Comme pour Amazon, c’est indécent de participer à faire vivre ces écraseurs ; à nous de vouloir payer un prix décent à ceux qui font. Dans la vie, c’est comme dans l’amour, faut toujours se retenir un petit peu !

    • EMMANUEL VALETTE

      Oui Hayshida, c’est bien la démarche de ce défi « Février sans supermarché » : ne plus cautionner l’industrie et la grande distribution en s’approvisionnant ailleurs, autant que possible.

      7
    • Avec l’effort de se passer d’eau minérale en bouteille plastique alors qu’elle est livrée à domicile via le réseau d’eau, tu pourrais franchir le cap de ne plus y mettre les pieds avec le bonus de baisser le besoin de ce type de produit complètement inutile 😉

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  2. Faire le marché c’est bien, encore faut il que ce soit un producteur local et non un revendeur. Et bio ou naturel car rien de pire que de consommer du conventionnel qui empoisonne la terre à côté de chez nous, en plus de nous rendre malade.

  3. Rapport à la photo utilisée pour l’article, il ne s’agit pas uniquement d’aller acheter ses denrées au marché, mais également de mieux les choisir et de rationaliser ses besoins.
    Acheter des produits espagnols ou des bananes dans un étal du marché du quartier ne réduit pas la distance parcourue par nos aliments.
    Là encore, un choix est à faire, se fournir auprès de producteurs ou de grossistes qui travaillent avec les producteurs du secteur, sans quoi, cela n’a pas davantage de sens… si ce n’est de faire mouiller les chemises des directeurs commerciaux des supermarchés , ce qui est marrant en soit mais ne fait rien avancer.

  4. Nous depuis 6 mois, on diminue nos trajets vers le supermarché… ok c’est plus facile et « centralisé », on suit le mouvement depuis début février, j’ai pour le moment acheté une seule bouteille de vin rouge « récoltant » à carrefour… (quand il est trop tard et que les cavistes sont fermés, on pourrait s’en passer mais c’est si bon !) Sinon vive Satoriz pour les fruits et légumes, les œufs, et la récup’, le potager, le troc et nos fromagers, bouchers, boulangers du coin !!!
    Petit bémol sur l’eau… ça serait génial d’avoir une source d’eau à proximité mais il n’y a pas à Nîmes 🙁

    • EMMANUEL VALETTE

      Merci Mala pour votre retour qui illustre bien le sens de cet article : il existe de nombreuses solutions pour se passer des supermarchés. En février comme tout au long de l’année. 🙂

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  5. Pour nous, ce n’est pas un problème car nous ne mangeons plus de viande ni de beurre.
    Achats au marché a un petit producteur des légumes et œufs et a la boutique d’agriculteurs. Yaourts a la laiterie du village.
    Le grand magasin c’est une fois par mois pour les produit d’hygiène et bio.
    Achat des meubles, des livres ou autres en vide-grenier ou en recyclerie.
    Plus de Coca-Cola depuis des années et bio au maximum avec un regard attentif sur les étiquettes des produits, leurs compostions et provenances.
    https://www.consoglobe.com/

    • EMMANUEL VALETTE

      Merci beaucoup pour le partage de votre expérience et le lien vers consoglobe qui s’avère être un site très utile pour celles et ceux qui veulent consommer en ayant le moins d’impact possible sur la planète.

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  6. Bonjour, j’aimerais tant faire le marché, mais vraiment pas les moyens, beaucoup d’entre nous survivent en se nourrissant seulement avec les promotions, j’essaie juste qu’il y ait le moins d’additif et de colorant possible, afin de ne pas nous intoxiquer, dur dur ! J’achète les produits de base et je cuisine moi-même, aussi je prends les produits de saison. C’est un beau mouvement, mais réservé à ceux qui ont les moyens, et qui ont pu être au courant avant le 13 du mois de celui-ci ! J’encourage ceux qui le feront jusqu’à la fin du mois et je félicite ceux qui ont la chance de pouvoir en faire une règle de vie, car il est certain qu’ils en ont les bénéfices alimentaires et humains. Prenez bien conscience et profitez bien de votre qualité de vie, bonne journée.

    • EMMANUEL VALETTE
      EMMANUEL VALETTE le

      Merci pour votre témoignage intéressant. Il est vrai que les marchés sont plus chers en général et les exposants bio encore plus.

      Il existe néanmoins des solutions pour se passer des supermarchés, même avec un budget plus serré. Comme les AMAP par exemple ou vous rendre directement chez les producteurs, mais en ville c’est plus compliqué, c’est certain.

      Merci pour vos encouragements en tout cas !

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