Nans Thomassey, le voyageur léger

Coréalisateur de la série documentaire Nus et culottés dont la 4e saison sera diffusée cet été sur France 5, Nans Thomassey est un fervent défenseur du « dépouillement heureux ».

Nans Thomassey
Nans Thomassey (Merci à lui pour le prêt de la photo.)

Identité
Nans Thomassey
Né le 26 avril 1985 à Grenoble (Isère)
Profession : réalisateur de rêves
Signe particulier : un baluchon sur l’épaule

Principal fait d’arme
Coréalisateur de Nus et culottés, une série documentaire diffusée depuis 2012 sur France 5 où les deux principaux protagonistes, Nans et Mouts, partent en voyage sans vêtements et sans argent. Leur objectif est d’atteindre à chaque épisode une nouvelle destination, pour y vivre un rêve : rejoindre la Hollande en tandem, contempler une aurore boréale en Islande, ou encore, boire un thé avec un Lord anglais.

Démarche
À tout juste 30 ans, Nans Thomassey a déjà un sacré parcours derrière lui, fait de voyages et de vagabondage. Fervent défenseur du « dépouillement heureux », il est surtout connu pour ses quêtes itinérantes et joyeuses, en tenues parfois (très) légères sur les écrans de France 5, en compagnie de son acolyte Guillaume Mouton, alias Mouts.Derrière ce feel good programme, c’est toute une philosophie de vie, ici et ailleurs, que porte le jeune réalisateur.

Enfant, alors qu’un incendie ravage la maison familiale, Nans Thomassey est frappé par la puissance de la solidarité de la ville, qui se mobilise pour apporter de l’aide. Une « foi en l’inconnu » s’imprime dès lors en lui. De ses années étudiantes où l’autostop lui fait découvrir le dialogue « de cœur à cœur » au-delà du partage d’un trajet, aux premières expériences d’hébergement spontané chez l’habitant, jusqu’à voyager sans argent et par −40°C au Québec, Nans Thomassey teste un mode de vie toujours plus léger, où s’en remettre à autrui est positif et réciproquement enrichissant.

De retour de manière plus permanente en France en 2010, il coécrit un guide pratique sur le voyage alternatif publié chez Lonely Planet. Nans Thomassey nourrit alors le désir d’expérimenter ces mêmes outils en France, à quelques kilomètres de chez lui. « Je ressentais le besoin d’inviter ce mouvement-là dans ma vie, en laissant la place à la surprise, prendre le temps de la contemplation. Comme dans le voyage, être dans un lâcher prise, moins maitriser, pour faire place à l’imprévisible, permettre à la magie d’exister. »

Toujours dans l’expérimentation, et un brin joueuse, l’idée de la série documentaire nait presque comme un pari entre amis. Partir sans sac à dos, sans argent, et pourquoi pas dans le dépouillement le plus absolu : tout simplement nus. Une manière radicale de s’abandonner à la route. Nus et culottés est lancé.

La lenteur, cette volonté de préservation du lien à soi et aux autres, Nans Thomassey a également réussi à la transcrire dans son métier de réalisateur. Avec son compère Guillaume Mouton, ils obtiennent de partir sans cadreur, à deux, seulement équipés d’un baluchon et de 3 petites caméras. Avec le temps, un dialogue équilibré avec la boîte de production derrière la série a permis également la mise en place d’un rythme saisonnier bien moins dense que les standards du secteur, soit 3 films par an. « J’ai besoin à chaque épisode d’un temps pour digérer, intégrer le vécu dans ma vie, et renouveler ce désir de voyage, » explique-t-il.

Aujourd’hui, Nans Thomassey, poursuit sa mission de « réalisateur de rêves », celle de révéler la beauté du vivant dans les relations avec les autres et avec la nature. Il explore encore et toujours l’équilibre entre le désir de voyage et le désir d’ancrage auprès des siens.

Extrait
! Attention, il y aura peut-être une pub avant l’extrait de l’émission (qui, lui, dure 2 min 19).


Bio express
1991 : incendie de la maison familiale à Montgoutoux (Isère, Alpes)
2001 : rentrée au lycée Sport Nature de Die (Drôme, Alpes)
2008 : départ en Amérique pour 1 an et demi de vagabondage

Réseau
Pour Nans Thomassey, « le maître à penser est celui qui révèle le maître intérieur… » Il éprouve « une immense gratitude » pour André Riehl, enseignant de yoga, et Robert Gonzalez, enseignant de communication non-violente.

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À propos de l’auteur

ESRA TAT

Ex-entrepreneure sociale, j’accompagne aujourd’hui des initiatives à impact positif, quand je n’œuvre pas pour l’empowerment des femmes. Le tout à distance, puisque depuis 2015, je m’essaye à une vie nomade et « décentralisée » d’un bout à l’autre du monde.

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