Lancement en France de l’Université du bien commun, gratuite et ouverte à tous

Après l’Italie, la Belgique, l’Argentine, le projet international d’étude critique de la mondialisation, initié par l’économiste Riccardo Petrella, voit le jour en France. Des rencontres citoyennes auront lieu à partir du 14 octobre, avant la création de l’Université du bien commun le 26 juin 2018, en partenariat avec le journal minimal. Voici le communiqué, et le programme !

Daniel de Calgary, 2006
Crédit photo : Daniel de Calgary, 2006 (Wikicommons).

• Communiqué du collectif des fondateurs de l’Université du bien commun – Le 14 octobre prochain commencera un cycle de 7 rencontres citoyennes sur les multiples aspects et problématiques des biens communs, intitulé « Biens communs, histoire, actualité et perspectives », préparatoires à la création officielle en 2018 de l’Université du bien commun à Paris.

Bien commun, biens communs, communs, sont des notions et des pratiques en développement dans de nombreux domaines et disciplines et à travers des actions citoyennes dans le monde entier. Elles s’amplifient sous la pression de la crise écologique et sociale, de la transformation numérique et de l’épuisement de nos modèles économiques.

La connaissance, comme toute autre forme et expression de la vie, a été réduite à une marchandise. On peut breveter à titre privé et lucratif le vivant (gènes humains compris), ainsi que les algorithmes. L’éducation est devenue un service marchand « libéralisé ». Les universités ont été transformées, de facto, en grandes écoles de business et de gestion des ressources (hôpitaux universitaires compris).

LA MOBILISATION AUTOUR DES BIENS COMMUNS S’INTENSIFIE

Et que dire de la marchandisation de l’eau, des semences, de l’énergie solaire, du logement, des transports collectifs, de la santé, de la sécurité sociale ? Il n’y a plus une caisse d’épargne ou une banque mutuelle ou populaire qui soit publique. La privatisation a effacé l’univers des services communs jadis publics.

La puissance mondiale des grands groupes marchands, financiers et technocrates privés a laminé, avec le soutien des pouvoirs publics eux-mêmes, le rôle des institutions politiques. La domination, la violence, la « militarisation du monde » deviennent de plus en plus la norme.

Parallèlement, la mobilisation autour des biens mis en commun s’intensifie, qu’ils soient matériels ou immatériels : des pratiques propres s’installent. Un changement social peut en découler, orienté vers le partage et le collectif dans tous les domaines. L’humanité n’est pas l’ensemble des êtres humains mais les êtres humains qui vivent ensemble : c’est pourquoi la question des biens communs invite à une réflexion qui permet de repenser la société, le rôle de l’État, de la démocratie, etc. Bref, la politique.

Logo universite du bien commun

Les biens communs sont des réalités en devenir et dont il faut assumer la grande diversité. C’est pourquoi l’Université du bien commun à Paris entend promouvoir leur connaissance et celle des forces en présence dans tous les champs où elles opèrent (droit, économie, anthropologie, philosophie, histoire, sciences, technologies, agriculture, numérique…).

Autant agora que lieu de recherche et de diffusion, de formation, d’éducation populaire, l’Université sera ouverte à tous les publics. Basée sur la gratuité, sans chaire ni cursus, elle reposera sur un fonctionnement coopératif et rotatif, avec des modes d’intervention variés : conférences, ateliers, projections, interventions scéniques et plastiques.

Cette démarche, au carrefour d’initiatives déjà foisonnantes, entend contribuer à sa manière à la valorisation des actions et des réflexions des différents acteurs mobilisés sur ces questions, et susciter la convergence de talents, d’engagements et d’initiatives en faveur d’une meilleure connaissance et de la défense des biens communs.

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Le programme du cycle d’ouverture : CYCLE UBC

Contacts : universitebiencommun@gmail.com – page Facebook

 Les membres fondateurs et coopérateurs de l’Université : L’Université et le cycle de conférences sont coordonnés à l’initiative de Cristina Bertelli et Yovan Gilles (revue et collectif Les Périphériques vous parlent), Frédéric de Beauvoir (Etablissement culturel et solidaire Le 100 ECS) et Riccardo Petrella, économiste, promoteur de l’UBC à Anvers (B) et à Sezano (Vérone, I), en collaboration avec  Anne Douvin (architecte/urbaniste) ; Anthony Laurent et Edouard V.Piely (Sciences critiques) ; Bruno Lamour et Annie Flexer (collectif Roosevelt Paris) ; Claire Dehove (WOS/agence des Hypothèses) ; Corinne Ducrey et Malika Person (Chemin faisant / pouvoir citoyen en marche) ; Elizabeth Auclair (Université de Cergy-Pontoise) ; Frédéric Sultan (Remix the commons) ; Emmanuelle Veil (Le journal minimal) ; Emmanuel Poilane (France Libertés) ; Hervé Defalvard (chaire de l’ESS-UPEM) ; Joseph Sangiorgio (Coopaname) ; Jean-Pascal Durumier (spécialiste du management de l’innovation) ; Jérôme Wauschel et Pablo Marticorrea (Université populaire du pays basque) ; Joao Caraça (Kallouste Gulbenkian foundation) ; Jonathan Keller (Savoirs.com) ; Miguel Angel Nunez, David Flacher et Denis Vicherat (mouvement Utopia) ; Marc Ridel (détecteur, connecteur) ; Patrick Farbiaz (Semaine anticoloniale) ; Thierry Linck, Pierre Dagallier et Michel Augé (Université du vivant) ; Florence Durand-Tornare (Villes internet) ; Violaine Hacker (Common Good Forum) ; Vincent Glenn (Coopérative D.H.R).


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LA REDACTION

La rédaction du journal minimal est composée d'auteurs aux profils variés (journalistes professionnels, photographes, dessinateurs de presse, artistes, auteurs, chroniqueurs).

2 commentaires

  1. Bonjour,

    Très intéressant et très « utile » en cette période de dévastation planétaire de l’humain au profit de la finance, et pour elle seule. Le pire est qu’elle est en cela soutenu par l’ensemble, ou peu s’en faut, de tous les pouvoirs politiques de la planète qui se sont lâchement acoquinés avec cette hydre nauséabonde.
    La corruption fait désormais partie intégrante de nos sociétés, à quelque échelon que ce soit, et gangrène ainsi toutes les démocraties ou qui prétendent l’être encore, notamment la France.
    Le seul bémol que j’émettrais, est que cette Université se tiendra à Paris, et que quelqu’un comme moi, comme des milliers de mes concitoyennes et concitoyens qui survivons avec le RSA, n’a pas les moyens d’une telle aventure.
    Cordialement.
    G.Lecoq.

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