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Jill Stein, inaudible candidate verte à la Maison-Blanche

Dans cette présidentielle américaine complètement « trumpisée », la candidate écologiste peine à se faire entendre. Son programme ne manque pourtant pas d’attrait.

Jill Stein, DR
Jill Stein en 2011 à Occupy Wall Street (DR)

Le chemin est ardu pour celle qui n’est que la seconde candidate écologiste de l’histoire à la présidentielle américaine. Comme son prédécesseur Ralph Nader en 2000, Jill Stein est accusée de voler des voix aux Démocrates. Créditée de 1 à 5 % des suffrages selon les sondages, elle est exclue des débats télévisés où s’affrontent Hillary Clinton et Donald Trump et pour lesquels 15 % d’intentions de vote sont requis.

Une large majorité d’Américains serait favorable à une ouverture des débats aux candidats des partis alternatifs, mais les comités démocrates et républicains refusent, par crainte selon Jill Stein « d’une véritable compétition d’idées ». Alors, pour « occuper les débats » (#OccupyTheDebates), la représentante du Green Party organise des directs sur Periscope, Facebook, Twitter et s’exprime lors de confrontations reconstituées sur la chaine d’information indépendante Democracy Now !, qui lui a réservé un onglet spécial.

Quelles sont les grandes lignes du programme de Jill Stein ? « Mettre fin au chômage et à la pauvreté », « éviter la catastrophe climatique », « construire une économie juste », « rendre l’éducation publique et gratuite », « étendre à tous les citoyens la couverture maladie, de la tête aux pieds, et du berceau à la tombe », « placer les gens, la planète et la paix avant le profit », « reconnaître la dignité et les droits de chacun dans le monde », peut-on lire sur son site de campagne.

Son projet phare consiste en un Green New Deal (une « nouvelle donne verte », dans la lignée du New Deal de Roosevelt après la crise de 1929) : utiliser 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2030, investir dans les transports publics, mettre en place une agriculture durable. Ce plan de relance créera selon elle 20 millions d’emplois et sera financé par le retrait des troupes américaines engagées dans des « guerres pour le pétrole », par la fermeture des quelques 700 bases américaines à l’étranger, et par la régulation de Wall Street.

En 2011, Jill Stein avait soutenu le mouvement Occupy Wall Street animé par les Indignés américains. Infatigable activiste, elle a été arrêtée à plusieurs reprises par la police et parfois condamnée, par exemple pour des graffitis sur un bulldozer lors d’une manifestation contre la construction d’un pipeline menaçant une réserve sioux (vidéo ci-dessous).

Sa radicalité ainsi que sa dénonciation régulière du capitalisme et des lobbies ne facilitent pas le financement de sa campagne : son plus gros don est à ce jour de 4 146 dollars, reçus de Google. L’écologie progresse sans doute aux États-Unis, mais il semble un peu tôt pour un tel changement, en particulier lorsque plane la menace Donald Trump.

Jill Stein, bio express
• Née le 14 mai 1950 à Chicago
• Mariée, deux enfants
• Agnostique
• Diplômée de Harvard en 1973 (psychologie, sociologie, anthropologie) puis de la Harvard Medical School en 1979 où elle se spécialise en médecine interne (qu’elle pratiquera jusqu’en 2005).
• Professeur à la Harvard Medical School jusqu’en 2006
• Membre du Green Party
• Candidate à l’élection présidentielle américaine de 2012 (0,36 % des suffrages exprimés) et de 2016.
• En tant que médecin, Jill Stein se préoccupe de la relation entre la santé des gens et la qualité de leur environnement. Elle devient une militante activiste en 1998 à l’occasion d’une manifestation anti-charbon dans le Massachusetts.
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À propos de l’auteur

ÉMILIE DEHU

Journaliste multimédia, avec une prédilection pour le journalisme de solution.

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