« BlacKkKlansman », le film de Spike Lee sur le suprémacisme blanc et l’Amérique sécessionniste de Trump

Plus que jamais d’actualité avec le regain du suprémacisme blanc aux États-Unis, le film BlacKkKlansman, de Spike Lee, raconte l’histoire vraie d’un policier noir qui infiltre le Ku Klux Klan.

Blackkklansman, l'affiche du film
L’affiche de « BlacKkKlansman », le film de Spike Lee sorti en 2018 et plus que jamais d’actualité.

Le genre
Comédie dramatique.

Récompenses
– Oscar du meilleur scénario adapté (2019)
– Grand Prix au Festival de Cannes (2018)

Le pitch
EN 1978, à Colorado Springs, une grande ville au centre des États-Unis, un jeune diplômé avide de justice intègre la police. Il est noir et va vite être confronté au racisme de certains de ses collègues blancs. Chargé par sa hiérarchie d’espionner les Black Panthers, il va parallèlement, de son propre chef, infiltrer le Ku Klux Klan. Comment est-ce possible, avec sa couleur de peau ?

Ce film est une adaptation du livre Black Klansman, l’autobiographie du policier afro-américain Ron Stallworth (joué par l’acteur John David Washington), qui dévoilait en 2006 son enquête à l’intérieur de l’organisation terroriste secrète, fondée après la guerre de Sécession.

Le réalisateur
Scénariste, réalisateur, producteur et acteur américain, Spike Lee a connu son premier succès commercial à la fin des années 1980 avec Do The Right Thing, un film sur les tensions communautaires et les violences policières à Brooklyn (New-York), irrigué par la musique de Public Enemy sortant d’un ghetto-blaster. Avec BlacKkKsman, il signe un autre film mythique.

Mon humble avis
BlacKkKsman est d’abord un excellent film de divertissement. Il y a tout dedans : un sujet fort, de l’action, du suspense, une histoire d’amour, de l’humour, une super bande-son, un rythme d’enfer, des plans magnifiques.

C’est aussi un grand film politique, à l’heure où le suprémacisme blanc connait un inquiétant regain aux États-Unis. On découvre ainsi la figure, méconnue en France, de David Duke, le directeur national du Ku Klux Klan, que notre héros parvient à séduire au téléphone en déblatérant les pires horreurs racistes.

ANTIFAS VS SUPRÉMACISTES

David Duke est toujours vivant. Soutien de Donald Trump lors de la campagne présidentielle de 2016, il apparaît en vrai à la fin du film dans la séquence épilogue où Spike Lee nous montre les défilés d’extrême droite à Charlottesville (Virginie), en 2017. Duke s’adresse à la foule, remercie Trump. La situation dégénère, une voiture fonce sur les antifascistes qui protestaient contre la manifestation, une jeune femme, Heather Heyer, meurt écrasée. Ce film lui est dédié.

Une scène du film
En mission mais habillé en civil, Ron Stallworth essaye d’empêcher l’épouse d’un des membres du Klan d’aller poser une bombe et lance un appel à l’aide aux forces de police du coin. Seulement, quand les policiers arrivent, la terroriste « fait sa Karen » : elle leur hurle que Ron Stallworth voulait la violer et les policiers blancs l’arrêtent, lui. La scène, grotesque, résonne fortement avec les vidéos de Karen que l’on peut voir sur le Web ces temps-ci.

La bande annonce du film

Bonus
Spike Lee dans la rue samedi 7 novembre après l’annonce de la défaite de Trump à la présidentielle :

Par contre, il va falloir expliquer aux Américains (ils étaient très nombreux, comme Spike Lee, à boire des bulles la semaine dernière) comment faire péter une bouteille de champagne !

BlacKkKlsman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan, de Spike Lee, 2018, 2h15min. Avec : Alec Baldwin, John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier, Harry Belafonte.


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À propos de l’auteur

EMMANUELLE VEIL

Journaliste, co-fondatrice du journal minimal, je suis spécialiste des questions de société.

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