C’est décidé, je désencombre ma maison

En 2016, j’ai pris la grande résolution de gagner de l’espace de vie. Et le journal minimal m’a paru le média le plus adéquat pour partager cette expérience.

Photo : Pierre Coquelin
« Je donne ? Je garde ? Agir avec méthode… » (crédit photo : Pierre Coquelin)

N’avez-vous jamais eu, un jour, cette irrésistible envie de faire le grand ménage dans votre chez vous ? Pas un simple dépoussiérage de printemps, hein ! Mais un vrai, grand et efficace coup de balai, de la cave au grenier, en passant par le dressing ? Gagner – regagner – de l’espace de vie, avec le besoin, l’envie subite ou réfléchie de vous détacher définitivement de ces objets, vêtements, accessoires qui emplissent armoires et cartons, ces « trucs » dont vous ne vous servez plus mais que vous gardiez précieusement, car « ça peut toujours servir » (sic) ? Avec en filigrane une autre ambition : celle de moins participer à la société de consommation et d’adopter un style de vie plus léger.

J’AVAIS ENTASSÉ, ENTASSÉ, ENTASSÉ…

J’ai décidé de relever ce défi et j’ai donc (enfin) entrepris, en accord avec moi-même, de désencombrer mon chez moi. Comprendre, ici, virer-tous-les-trucs-qui-ne-servent-plus-à-rien et que j’accumule depuis… plus de trente ans. Sachant que – atteint d’une collectionnite aigüe depuis le plus jeune âge – j’ai entassé, entassé, entassé : vêtements, vieux journaux, appareils et matériel photo, bandes dessinées, jusqu’aux ustensiles de cuisine des années 40-50, plans et tickets de métros (eh oui, du grand n’importe quoi !). Donc, un vrai challenge…

Il n’est pas question, ici, de se débarrasser de ses souvenirs. Pour autant, la vraie difficulté, et je sais combien cela va vous parler, réside avant tout dans le fait que chaque objet renvoie toujours à quelque chose… À une période, un événement de la vie (d’où les 106 548 billets d’entrée de musée, de cinéma, d’exposition qu’on garde précieusement). Mais, franchement, entre nous… Deux agrandisseurs photo et tout le matériel de développement, occupant une armoire complète, le tout à l’heure où un simple ordinateur suffit pour traiter ses images ? Autant voir si un éventuel club photo serait intéressé par un tel équipement, non ? Sans parler des 256 boîtes pleines de piles, boutons, vis et autres machins… (Là, je vous renvoie à l’excellent sketch de Gad Elmaleh.)

FAITES PREUVE DE FERMETÉ, SINON VOUS ÊTES MORT

Il faut donc être dé-ter-mi-né ! Comme un athlète. Faire preuve de fermeté. Rester concentré sur l’objectif, le geste sûr. Et surtout, ne pas commencer à établir le lien entre l’objet dont on souhaite se débarrasser et l’histoire qui s’y rattache. Sinon, vous êtes mort ! À la fin de la journée, vous aurez éventuellement jeté ou mis de côté…  un trombone.

Photo : Pierre Coquelin
« Attention à ne pas se laisser distraire… Le tri est souvent l’occasion de redécouvrir des choses… Il sera d’autant plus difficile de s’en séparer… » (crédit photo : Pierre Coquelin)

Bon, allez… Partons du principe que vous avez été efficace, que cela s’est avéré facile, voire enfantin. Que vous avez fait montre de votre force de caractère et d’une détermination sans faille qui fait la fierté de vos proches. Sortir les cartons, les objets, les fringues : check ! Trier rapidement : check ! Rassembler par familles d’objets : check ! Faire de beaux paquets : check ! Oui, mais après ?

Avez-vous constaté combien, depuis quelque temps, il existe une foultitude de possibilités de vous séparer intelligemment et utilement de vos biens ? Ressourceries, boutiques sans argent… Les acteurs de l’économie circulaire sont à votre service. Au coin de la rue ou sur Internet (je préfère le coin de la rue), sous forme associative ou d’entreprise (souvent dans le secteur de l’économie sociale et solidaire), ils vous proposent de donner une seconde vie à vos objets. Avec l’ambition de participer pleinement à la lutte contre le gaspillage des matières premières et des ressources naturelles. Tout en créant de l’emploi. Tout en nous permettant de nous interroger sur nos modes de consommation : et si nous favorisions l’usage plutôt que la possession des choses ?

Photo : Pierre Coquelin
« Allez hop ! On dépose à la Ressourcerie créative ! » (crédit photo : Pierre Coquelin)
D’autres canaux de redistribution et de don existent. En voici une liste (non exhaustive) par secteur :
– Donner à des associations caritatives, ou à l’occasion d’une zone de gratuité organisée par une association locale
– Déposer dans une givebox, et s’il n’en existe pas, pourquoi ne pas pas la créer ?
– Échanger, troquer sur Internet ou encore lors d’un événement que vous pouvez organiser près de chez vous

Le choix est désormais XXL. Même si, bien sûr, il est possible de se faire un peu de sous en vendant (à petit prix) sur Internet, dans une brocante, lors d’une réunion d’appartement ou encore dans des boutiques de type second hand… Ce ne sont donc pas les réseaux qui manquent.

Bon, je file à la Ressourcerie créative (Paris 14e). Sabine y reçoit en toute convivialité.

Photo : Pierre Coquelin
La Ressourcerie créative (crédit photo : Pierre Coquelin)
Aller plus loin :
Économie sociale et solidaire
Économie circulaire
Le projet The Story of Stuff (dont l’incontournable film d’Annie Leonard)
Le Siga-siga (Paris 12e), de l’association Boutique sans argent
Zone de gratuité
Trouver son site de troc et d’échange
Organiser un troc chez soi (troc party)
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À propos de l’auteur

ERIC COQUELIN

Chargé de mission Développement durable en collectivité territoriale, je suis engagé sur les questions de démocratie contributive.

4 commentaires

  1. Merci pour cet article! Pour la partie tri/rangement, je recommande aussi la lecture du livre de Marie Kondo, L’Art de Ranger, qui, malgré son titre un peu ronflant, est une excellente aide pour se motiver et radicalement désencombrer son chez soi. On se sent plus léger après.

    • Eric

      Bonsoir Geneviève,

      Merciiiiiiiiii !!! 🙂

      Entre nous, c’est quand même plus de 300 kilos de « trucs » (315 kilos, j’ai pesé) qui désormais s’offrent une seconde vie, ici ou ailleurs.

      J’attends maintenant qu’il fasse un peu plus chaud (et surtout moins humide) pour m’attaquer au cabanon du jardin. Bon, là, moins d’affectif … Plutôt du volumineux (table, chaises…).

      Amitié

      Eric

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