Pour les fêtes, installons une « givebox »

Et si, au lieu d’offrir et de recevoir des objets en cadeau, nous utilisions une boîte à dons (givebox) ? Cette invention, récente, est née dans les rues de Berlin.

Photo : Eric Coquelin
Photo : Eric Coquelin

Que signifie le mot givebox ?
Ce terme anglais se traduit littéralement par « boîte à dons ».

Qu’est-ce que c’est ?
Un support physique (une étagère, un coffre, une boîte…) installé dans l’espace public, à l’extérieur ou à l’intérieur, dans lequel les citoyens déposent des objets encore en bon état et dont ils souhaitent se séparer puisqu’ils n’en ont plus l’utilité. Il peut s’agir de vêtements, de livres…

Le principe ?
D’autres citoyens peuvent venir se servir et récupérer ce dont ils peuvent avoir besoin ou envie. Cela, sans aucune contrepartie, c’est-à-dire sans aucune obligation d’échange ou de paiement. Ce n’est ni du troc, ni une brocante.

À quoi cela sert-il ?
La givebox est un outil pour s’interroger individuellement et collectivement sur des sujets tels que l’obsolescence programmée, la production de déchets ou encore la manière de consommer.
Elle permet aussi de se réapproprier l’espace public, moteur de la vie démocratique locale (mon dada).

D’où cette idée vient-elle ?
En 2010, un jeune Berlinois a mis en place ce système de don en investissant notamment les cabines téléphoniques de son quartier. Aujourd’hui, les givebox berlinoises sont de grosses boîtes fabriquées de bric et de broc, tout à fait dans l’esprit de la démarche de consommation durable voulue par son initiateur. Avec, souvent, un zeste de créativité : certaines givebox sont de véritables œuvres d’art contribuant à humaniser le paysage urbain.

Une givebox dans les rues de Berlin. Photo : Olivier Guermouh
Une givebox dans les rues de Berlin. Photo : Olivier Guermouh

Une quadruple ambition :

  • Faire émerger des comportements de consommation durable
  • Redonner une valeur d’usage aux objets, à contrario du tout jetable
  • Contribuer à la préservation des ressources naturelles en réduisant notre production de déchets
  • Augmenter le lien entre les citoyens

En France, un ovni culturel
De nombreuses tentatives d’installation de givebox se sont heurtées à la réalité urbaine: vandalisme, refus des autorités locales de permettre l’occupation de l’espace public…
Les rares boîtes à dons qui existent se trouvent généralement au sein d’espaces clos : commerces, bibliothèques, médiathèques, salles de spectacles, ou bien au siège d’une collectivité territoriale, comme chez moi.

En France, les premières expériences montrent que la givebox peut trouver sa place dans des espaces encadrés ou lors de manifestations ponctuelles. Il s’agit donc d’adapter le concept à nos réalités territoriales et culturelles. En attendant de voir plus grand.

Installer une givebox
À Sénart, en Essonne (91), nous avons installé une givebox à l’accueil de notre structure, avec des petits panneaux qui expliquent la démarche pour sensibiliser aussi bien les citoyens et les agents de la collectivité que les élus locaux. À la suite de quoi, deux bibliothèques/médiathèques et deux salles de spectacle ont repris ce dispositif à leur compte.

Allez voir votre maire. Proposez-lui de soutenir un projet de fabrication et d’installation de cette drôle de boîte que vous aurez – évidemment – co-construite avec des amis, les élèves d’une école, les enfants d’un centre de loisirs, les riverains, le club du 3e âge local ou les commerçants.

Capture D.R.

Mes conseils :

  • La fabriquer soi-même, avec de vieilles planches de bois par exemple. C’est l’occasion de construire des projets simples et peu coûteux impliquant de nombreux acteurs : écoles, centres de loisirs, associations, commerçants, qui s’approprieront l’idée et la feront vivre.
  • On s’aperçoit rapidement que si les citoyens n’hésitent pas à donner, à déposer des objets, ils ont du mal à en prendre. Curieux, mais c’est comme ça… À travailler !
  • Ne pas hésiter, au bout de trois mois, à renouveler les objets. Ceux qui ne sont pas « adoptés » peuvent être donnés à la recyclerie locale, par exemple.
  • Vous pouvez également organiser une « zone de gratuité ». Mais ça, c’est encore autre chose. Quoique…

Voici, pour info, la page Facebook de la communauté Givebox France

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À propos de l’auteur

ERIC COQUELIN

Chargé de mission Développement durable en collectivité territoriale, je suis engagé sur les questions de démocratie contributive.

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