Balade lunaire aux abords d’Orly désert avant la reprise du trafic aérien

Fermé depuis le confinement, l’aéroport d’Orly rouvre à partir du 26 juin. En attendant, les riverains trouvent le ciel « beaucoup plus beau sans toutes ces traînées blanches ».

Orly désert
Photo : Élodie Müntz.

lettrine, e, aurelien vretn ce mois de juin 2020, Orly est méconnaissable : parkings déserts, taxis aux abonnés absents, avions cloués au sol… Les chants d’oiseaux ont remplacé les bruits de moteur. Un bus passe, vide : le chauffeur semble étonné de me voir dans ce lieu inanimé.

Tous les accès au public ont été condamnés le 31 mars dernier. Une feuille scotchée sur la porte d’entrée 32A indique, à l’attention des voyageurs égarés : « Paris-Orly est fermé jusqu’à nouvel ordre. Tous les vols sont transférés à Paris-Charles de Gaulle. »

LA COULEUR DU CIEL

Orly rouvrira le 26 juin, l’activité sera très limitée et devrait commencer par des vols commerciaux. Damien, cuisinier pour l’aéroport, m’avait expliqué au téléphone qu’il n’avait toujours pas reçu d’informations sur la reprise : « Les compagnies ne sont pas confiantes, elles savent que cela va être compliqué. »

Mais les riverains, eux, ne sont pas pressés que le trafic redémarre : « Avant je ne faisais pas attention au ciel, maintenant je le regarde avec plus de plaisir. La couleur est beaucoup plus belle sans toutes ces traînées blanches. Les oiseaux chantent de bon cœur. Inconsciemment, ça donne envie d’être plus souvent dans le jardin ou en balade », me raconte Jocelyne, qui vit dans un pavillon à Palaiseau (Essonne). A contrario, maintenant, « le moindre hélicoptère » lui fait « redresser la tête ».

VOLS DE NUIT

L’arrêt de l’aéroport a mis en évidence les pollutions sonore, visuelle et atmosphérique provoquées par les avions au quotidien. Dans une « lettre ouverte à nos dirigeants et à tous les décideurs du transport aérien » l’Union française contre les nuisances des aéronefs (UFCNA) demande, à ce sujet, « la suppression progressive des vols de nuit, qui portent gravement atteinte à la santé », et « l’interdiction des avions les plus bruyants ».

En attendant, pour quelques jours encore, à Orly, les avions restent au sol et les oiseaux s’envolent.

> À lire aussi : Les arbres aussi veulent dormir

Pour suivre les publications de mon journal préféré, je reçois la lettre minimale, chaque 1er mercredi du mois. Bonne nouvelle, c’est gratuit et sans engagement !

Partager
Aller à la Une

À propos de l’auteur

ÉLODIE MÜNTZ

Étudiante passionnée d'histoire et de philosophie, j'écris aussi des articles.

Exprimez-vous !