Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, réflexions sur l’effondrement

Dans cet essai, l’activiste Corinne Morel Darleux poursuit sa critique radicale du système productiviste et propose aux citoyens de faire ce choix : refuser de vouloir à tout prix « gagner ».

Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, réflexions sur l'effondrement
« Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, réflexions sur l’effondrement », par Corinne Morel Darleux. Photo: Anne Gettliffe.

Le genre
Essai.

Le pitch
À travers ses réflexions sur l’effondrement, Corinne Morel Darleux questionne notre mode de vie, nos conditionnements idéologiques et sociaux, nos petites lâchetés, ainsi que la recherche du bonheur dans la consommation.

Elle s’inspire de la décision du navigateur Bernard Moitessier – qui, en 1969, bien qu’en situation de pouvoir gagner la première course de vitesse en solitaire autour du monde sans escale, choisit de ne pas rentrer, de ne pas gagner, et dévia sa route vers les iles du Pacifique – pour développer dans son livre le principe du refus de parvenir.

L’autrice
Ancienne consultante auprès d’entreprises du CAC 40, Corinne Morel Darleux a tout laissé tomber après avoir découvert le mouvement écologiste et anticapitaliste Utopia en 2005. Cofondatrice du Parti de gauche en 2008, elle est aujourd’hui conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes. Elle tient également un blog, Revoir les lucioles et publie des chroniques dans le quotidien Reporterre.

Mon humble avis
Cet essai n’est ni une analyse sociologique, ni un manifeste écologique, ni un programme politique, pas plus qu’un livre de développement personnel… mais il est tout ça en même temps ! Avec en prime une touche de philosophie, et de poésie.

En lisant Corinne Morel Darleux, je me suis sentie moins seule : j’avais l’impression qu’elle mettait par écrit de façon pertinente, nuancée et claire, les questionnements, révoltes et convictions qui s’entrechoquent dans le brouillon de ma pensée, tout en me faisant entrevoir la possibilité d’un espoir.

UN MONDE VIVABLE

Elle nous exhorte à penser la possibilité de l’effondrement de notre civilisation comme une opportunité de faire émerger un nouveau monde, plus solidaire, plus équitable et plus respectueux du vivant. Un monde vivable où l’on ne serait plus asservis à une injonction de consommer pour servir les intérêts d’une minorité de possédants.

C’est un très joli livre, agréable à lire, à mettre entre les mains de toutes les personnes qui se sentent impuissantes face au désastre écologique et en décalage avec notre société pseudo-moderne.

À lire aussi : L’Économie symbiotique – régénérer la planète, l’économie et la société

Une phrase du livre
« Ce n’est qu’une fois muni d’une boussole bien réglée que l’on peut s’interroger sur le meilleur chemin pour y arriver. »

Un extrait du livre
« Il y a au mieux une forme de naïveté égoïste à cultiver son jardin en rejetant l’idée d’engagement politique, au pire une imposture quand l’écologie de vitrine va jusqu’à se marier avec les lobbies de l’industrie, faire appel au mécénat des pétroliers ou vendre des conférences à un grand patronat en quête de virginité. Dissocier l’écologie d’un positionnement politique clair sur le capitalisme, le libre-échange, la mondialisation et la finance, c’est la priver d’une ancre primordiale et prendre le risque de dérives inquiétantes. Ainsi de la ‘terre qui ne ment pas’ pétainiste ou de la récupération du lien sacré au vivant par tous les obscurantismes, xénophobes comme religieux.

L’analyse systémique de l’écosocialisme, qui postule que l’écologie est incompatible avec le capitalisme, consiste précisément à ne pas dissocier les effets sociaux, environnementaux, économiques et démocratiques du système d’organisation productiviste. Sa radicalité, au sens d’une analyse exigeante qui s’obstine jusqu’à pénétrer la racine des causes, est ce qui lui permet de ne pas s’égarer du côté de l’imposture du capitalisme vert, de l’écologie libérale, des accommodements qui consistent à n’agir qu’en surface, sur les conséquences, sans s’attaquer aux causes du problème ni bouleverser le système. »

Corinne Morel Darleux, Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, réflexions sur l’effondrement, Libertalia, juin 2019, 100 pages.


Pour suivre les publications de mon journal préféré, je reçois la lettre minimale, chaque 1er mercredi du mois. Bonne nouvelle, c’est gratuit et sans engagement !

Partager
Aller à la Une

À propos de l’auteur

ANNE GETTLIFFE

Consommatrice repentie, écolo convaincue, j'ai compris récemment qu'on n'a qu'une vie et j’ai décidé de changer la mienne pour qu'elle soit plus légère ! J'ai donc fait de mes passions mon métier : je suis devenue comédienne et auteure à plein temps.

Exprimez-vous !