Des toulousains créent « Longtime », un label européen pour connaître la durée de vie des produits

À partir du 1er janvier 2019, le label Longtime pourra être décerné à des produits robustes et réparables. Une initiative citoyenne, élaborée par une coopérative toulousaine.

Le lable européen Longtime
Longtime, un label européen sur la longévité des produits, à partir du 1er janvier 2019.

Le nouveau label Longtime indiquera bientôt ce qu’un produit commercialisé vaut en terme de robustesse et de réparabilité. Il s’agit d’une initiative citoyenne, loin du circuit habituel de la mise en place d’une réglementation par l’État ou l’Europe.

Le projet a été lancé par Ethikis ad Civis, une coopérative toulousaine engagée depuis 2016 dans la promotion d’une consommation éthique. Elle compte parmi ses membres des ingénieurs, une juriste et un professionnel de santé, en tout huit personnes désireuses de faire advenir une société dont les modes de consommation soient plus respectueux de l’environnement.

ROBOTS, SMARTPHONES, OUTILS…

C’est donc tout naturellement qu’est née l’idée du label Longtime, « un projet utile qui contribuera à changer les comportements actuels de consommation afin de protéger tant la planète que les consommateurs » explique Ariane Brian, bénévole.

Le projet a vu le jour début 2017 et il a été primé au printemps dernier dans le cadre de l’appel à initiative citoyenne du ministère de la Transition écologique Mon Projet pour La Planète [l’Association Minima, éditrice du journal minimal, en est elle aussi lauréate, N.D.L.R.].

Destiné au marché européen, le label Longtime certifiera dans son référentiel la durabilité des biens de consommation tels que les appareils domestiques (aspirateurs, machines à café et autres robots ménagers), le multimédia (smartphones, tablettes, ordinateurs…), le matériel de loisir (vélos électriques, matériel de camping, vêtements techniques…) et l’outillage (perceuses, tondeuses à gazon, éclairage de chantier…).

DÉCERNÉ EN FONCTION DE 3 CRITÈRES

Les fabricants pourront candidater auprès d’Ethikis à partir du 1er janvier 2019. L’audit des produits durera de 1 à 4 jours et le label sera décerné en fonction de 3 critères :

  1. la fiabilité et la robustesse (le produit doit avoir des composants sélectionnés et conçus pour durer)
  2. la réparabilité (entretien et réparation doivent être pensés pour être rapides et pratiques)
  3. le service après vente ainsi que les garanties qui doivent proposer des solutions économiquement viables pour allonger la durée de vie des produits.

Logo du label longtime

À quoi le label servira-t-il exactement ? À réduire la production de déchets prématurés et à limiter l’extraction et la transformation de matières premières sensibles (pétrole, métaux). Sur le plan économique, l’idée est très prometteuse. Le secteur de la réparation peut fournir un nombre important d’emplois, valorisant et peu délocalisables et dynamiser une économie circulaire de proximité où le marché de l’occasion complète le marché du neuf.

Avec un argumentaire pareil, la démarche mériterait bien, elle aussi, le label Longtime !


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À propos de l’auteur

DANIEL CALAFAT

Infirmier, diplômé en Pratique de l'Intervention Sociale, je m'intéresse à l'intelligence collective et à ses applications dans l'amélioration de notre cadre de vie.

2 commentaires

  1. Jean Jacques Lamborot le

    bonjour,
    le seul souci, c’est que ce sont les fabricants qui vont candidater !
    Donc les autres qui ne candidatent pas , qu’est-ce qu’on en fait ?

  2. Daniel Calafat

    Bonjour Jean-Jacques,

    effectivement, le modèle étant basé sur le volontariat (logique pour une démarche émanant du citoyen, « d’en bas »), les fabricants sont libres de candidater. Le seul levier existant pour que la démarche prenne une vraie place dans le paysage est la publicité. Plus le label sera connu, plus il sera déterminant dans la décision d’achat.
    La démarche citoyenne garde la main en quelque sorte…
    A nous de jouer, Jean-Jacques 😉

    Daniel

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