Les Belles plantes, le salon de coiffure veggie dont tout le monde parle à Paris

Les produits toxiques que nous ingérons, ce n’est pas que dans nos assiettes, c’est aussi parfois sur nos têtes avec les shampoings et autres soins capillaires. Portrait d’une coiffeuse qui a choisi le naturel.

Gaëlle Grippon
Gaëlle Grippon, patronne du salon de coiffure veggie Les Belles plantes (Paris 11e). Photo : Catherine Simonet.

Identité
Gaëlle Grippon
Née le 14 février 1980 à Flers (Orne)
Profession : coiffeuse
Signe particulier : peste toujours contre ses propres cheveux.

Principal fait d’arme
Il y a cinq ans, Gaëlle a ouvert à Paris Les Belles plantes, un salon de coiffure végétale quasiment sans produits chimiques. Le naturel appelant le naturel, chez Gaëlle tout le monde se tutoie, se parle, rigole. Il y a toujours quelqu’un du quartier qui passe une tête pour prendre des nouvelles, dire bonjour, taper la causette et accessoirement prendre rendez-vous pour se faire coiffer.

Autour d’une jolie table ronde en bois clair, les clients qui viennent faire une coloration peuvent lire, travailler, feuilleter un magazine, siroter un thé parfumé, boulotter des carrés de chocolat ou des petits gâteaux, le tout étant à disposition sur un plateau tournant. On voit aussi régulièrement passer des clients des Paniers Bios du Val de Loire, car le salon sert aussi de dépôt pour les commandes collectives de paniers de fruits et légumes !

Démarche
Née dans une famille d’agriculteurs, Gaëlle Grippon a su dès l’âge de 3 ans qu’elle voulait devenir coiffeuse, comme la dame qui venait à domicile couper les cheveux de sa mère. Mais ce n’est qu’à l’adolescence qu’elle a fait son coming out : non elle n’allait pas reprendre l’exploitation comme son frère et sa soeur. C’est en chantant qu’elle l’a annoncé à son père, sur l’air de Balavoine : « J’me présente, je m’appelle Gaëlle… ».

Son CAP de coiffure en poche, elle a quitté sa Normandie natale, direction Marseille, mais elle s’est arrêtée en route, séduite par la vie parisienne. C’est en travaillant dans divers salons de coiffure branchés qu’elle a découvert la tendance végétale. Une révélation, pour cette jeune femme issue d’une famille où l’on traitait les plantes au Roundup.

DIFFICILE DE SE DÉFAIRE DU CHIMIQUE

« Cela donne des couleurs beaucoup plus naturelles, et en plus cela n’abime pas les cheveux, au contraire, cela les soigne », explique-t-elle. Hélas, dans les écoles de coiffure, le traitement végétal n’est pas encore reconnu, les grandes marques [comme l’Oréal, N.D.R.]se placent pour fournir leurs produits, et les élèves qui apprennent avec ces marques, en général ne les quittent plus ! ». Les quelques fabricants de coloration végétale commencent à venir en école faire de courtes formations, mais cela reste très rare.

Aujourd’hui Gaëlle Grippon commande ses plantes et fabrique elle-même ses couleurs, une particularité notable car pour l’heure la plupart des salons de coiffure tendance veggie travaillent avec des produits tout faits.

Extrait
Gaëlle nous explique en quelques mots le principe de la coloration végétale (20s) :

Les belles plantes
Les Belles Plantes, le salon de coiffure de Gaëlle Grippon (2e en partant de la droite). Photo: Catherine Simonet.

Bio express
1998 : Débarque à Paris, son CAP de coiffure en poche
2010 : Découvre la coiffure végétale
2014 : Ouvre son salon Les Belles plantes

Réseau
Le salon est un peu l’un des fers de lance de l’arrivée du véganisme dans ce petit coin du 11e arrondissement de Paris où il fait bon vivre. Non loin sont arrivées récemment la papesse du fromage végétal Jay & Joy et les créatrices du Manifeste011, la première boutique de vêtements 100 % véganes de la capitale. De temps à autres, Gaëlle organise des ateliers de maquillage et de soins aux huiles essentielles.

Adresse :
Les Belles plantes
15 rue Jean Macé
75011 Paris
Tél : 01 43 72 87 70


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À propos de l’auteur

CATHERINE SIMONET

Pianiste et compositrice, directrice de la publication du journal.

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