Journal d’une ménagère #02 : La féérie de Noël, un enfer

Tableau Rossignol NoëlIl y a sans doute des tas de bonnes raisons d’aimer Noël et de savourer les semaines qui précèdent le 25 décembre. On peut s’émerveiller de l’illumination des rues et des commerces, décorés dès le mois de novembre, saliver à l’idée des repas conviviaux aux mets raffinés qui se profilent, apprécier l’odeur des sapins enguirlandés et se réjouir à l’avance de l’apogée de l’événement : la séance d’ouverture des cadeaux, emballés dans de jolis paquets aux couleurs vives.

Certes. Mais pour moi, Noël, c’est deux mois d’enfer.

Cela commence fin octobre avec l’apparition des premières publicités pour les jouets à la télévision et l’arrivée des catalogues de jouets dans les boîtes aux lettres, signaux oppressants annonçant le démarrage d’une période où la tension va aller crescendo. Car je sais d’avance comment cela va se passer. C’est chaque année le même scénario, et il ne me fait pas rêver.

ENVIE DE HURLER SUR MES ENFANTS

Cela continue début novembre avec l’arrivée massive dans les magasins de centaines de boîtes de jouets s’étalant sur plusieurs allées ; de calendriers de l’avent aux couvertures affichant les personnages du dessin animé qui a cartonné dans l’année ; et des inévitables chocolats et confiseries, dont les boîtes blanches, rouges ou dorées s’empilent en monticules écœurants.

À mesure que les jours défilent, mes enfants deviennent surexcités, agités, turbulents, colériques, bref, totalement pénibles. Je crève d’envie de leur hurler dessus : « Puisque c’est comme ça, vous n’aurez pas de cadeaux, voilà ! Vous êtes contents ? » Mais je me retiens parce que je sais que cela provoquerait exactement l’effet inverse que ce que j’appelle de tous mes vœux : du calme et de la sérénité. Deux mots évidemment antinomiques de Noël.

Un jour, la maîtresse de ma fille m’a confié que, chaque année, les enfants devenaient tous infernaux à l’approche de Noël. Et cela m’a un peu réconfortée car je croyais que seuls mes enfants étaient odieux !

PÉTER UN BOULON DANS LE PARKING DU CENTRE COMMERCIAL

Depuis un mois, je déroule le scénario et cela va continuer jusqu’au 25 décembre. Je connais la fin du film. Mais, le pire, c’est que je me force à le rejouer chaque année.

Faire la liste des personnes à qui j’offrirai un cadeau, avoir peur de les décevoir. Presser mes enfants de faire leur « liste de Noël ». Demander aux parents de mes neveux et nièces de me donner des pistes, les relancer parce que, pas plus que moi, ils n’ont la moindre idée de ce que leurs enfants peuvent bien désirer de plus que ce qu’ils ont déjà (problème de riches…).

Me dire qu’il faut me dépêcher avant qu’il y ait foule dans les magasins. Constater qu’il y a déjà une foule pas possible dans les magasins. La veille de Noël, avoir encore cinq cadeaux à acheter. Devenir hystérique, frapper du plat de la main sur le volant de ma voiture en débitant une série de jurons parce que cela fait vingt minutes que je cherche une place dans l’immense parking de ce centre commercial où j’ai eu la bêtise d’aller terminer mes courses un 24 décembre. Me dire « Plus jamais ça », alors que j’avais dit la même chose l’année dernière.

Finir par trouver une place. Aller dans les boutiques et piétiner longtemps, dans la chaleur et le stress ambiant. Repousser une envie de meurtre quand la dame devant moi prend tout son temps pour donner ses dix bons de réduction à la caissière, qui les scanne un par un. Rentrer chez moi, déposer mes courses, pousser un soupir de soulagement… puis, un cri : j’ai oublié d’acheter du papier cadeau !

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À propos de l'auteur
Consommatrice repentie, écolo convaincue, j’ai compris récemment qu’on n’a qu’une vie et j’ai décidé de changer la mienne pour qu’elle soit plus légère ! J’ai donc fait de mes passions mon métier : je suis devenue comédienne et auteure à plein temps.
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3 réponses

    1. Et à décider de ne plus le faire 😉
      Offrir ce qu on veut, et surtout QUAND on veut et à qui on veut: quel bonheur de se libérer de toutes ces pressions sociales et consuméristes !

    2. Arrêter de fêter Noël, ou bien le réinventer ! En ce qui me concerne, cela fait évidemment plusieurs années que j’ai arrêté d’acheter un sapin, limitant la déco au minimum. Par contre, quand on a des enfants en bas âge, il est difficile de s’extraire complètement du cirque des cadeaux car il y aura fatalement une comparaison avec les copains à la rentrée en janvier… Il faudrait pouvoir se mettre d’accord avec tous les autres parents de l’école pour un Noël allégé en cadeaux !
      Mais quand les enfants sont devenus grands, il est possible de modifier les règles. Cette année, dans ma famille, nous limitons les cadeaux à un par personne. Chacun achète un petit cadeau et en recevra un au hasard : 10 personnes, 10 cadeaux en tout, à se répartir par tirage au sort des destinataires. Et le temps qu’on ne perd pas dans des centres commerciaux inhumains, on le consacre à des choses plus agréables, comme par exemple le choix d’un nouveau dessert qu’on prendra plaisir à faire pour les autres parce qu’on n’aura pas épuisé ses nerfs à courir partout. Dans la famille de mon mari c’est encore plus radical cette année : on ne fera plus du tout de cadeaux, mais on se réunira autour d’un bon repas partagé avec 20 personnes. Car l’essentiel dans Noël n’est-il pas la convivialité ? Les courses anxiogènes et le délire consumériste, ter-mi-nés !

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