Et si toute la planète passait à 30 km/h?

Et dire qu’il suffirait d’une mesure assez simple comme celle-ci pour sauver la planète : limiter l’ensemble des déplacements humains à 30 km/h…

30 kilomètres/heure, Pruna, Andalousie
Pruna, Andalousie (Espagne), aout 2021. Photo: Éric Coquelin.

epuis le 30 aout, la vitesse des engins motorisés est limitée à 30 km/h à Paris. Une mesure qui a suscité la joie de la plupart des habitants et provoqué la colère de ceux qui veulent continuer à faire des pointes à 80 km/h dans la capitale, comme avant « l’action globale de modération de la vitesse en ville » impulsée dans les années 1990 par Michel Rocard.

Nos ancêtres en diligence allaient en moyenne à 10 ou 15 km/h, 20km/h dans le meilleur des cas, et c’était suffisant à leur bonheur, bien sûr ils mettaient des jours pour aller de Reims à Toulouse, mais au moins ils voyageaient au sens premier du terme, c’est-à-dire qu’ils prenaient « la route » : ils voyaient les paysages changer, visitaient des auberges et faisaient des rencontres, alors qu’aujourd’hui nombre de nos contemporains font des sauts de puce de CDG à JFK.

Imaginons un instant ce qu’il se passerait si soudain, au lieu de se réunir chaque année pour une COP (Conférence des Parties sur le climat, organisées par les Nations Unies) pour ne jamais réussir à se mettre d’accord, les gouvernements du monde entier s’entendaient sur une mesure aussi simple que limiter la vitesse des engins motorisés à 30km/h ? Les avions ne voleraient plus, ni les hélicoptères (sauf bien sûr ceux destinés au sauvetage), les multimilliardaires Jeff Bezos et Elon Musk arrêteraient de nous enquiquiner avec leurs fusées, on arrêterait d’envoyer dans les airs des satellites qui ne servent à rien à part guider nos GPS pour contourner les embouteillages.

Il y aurait beaucoup moins de hérissons écrasés sur les routes, beaucoup moins de rodéos de deux roues dans les villes, les ventes de SUV s’effondreraient, la relocalisation des échanges s’opérerait naturellement, les potagers fleuriraient dans les villes, le tourisme de masse disparaitrait, tout comme les variants du Covid…

On peut toujours rêver, n’est-ce pas ? Au journal minimal, nous ne cesserons jamais de le faire, et de lutter de toutes nos forces pour, si ce n’est empêcher, au moins ralentir la destruction de la planète en marche. De plus en plus de citoyens réclament maintenant de l’action. Selon l’enquête « Fractures françaises » d’Ipsos Sopra-Steria pour Le Monde, parue hier, 82 % veulent à présent des « mesures rapides », quitte à « modifier leur mode de vie ». Chiche, on les prend ?


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À propos de l’auteur

Journaliste, co-fondatrice du journal minimal, je suis spécialiste des questions de société.

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