Après les marches pour le climat, place à la désobéissance civile

Un appel à « bloquer la République des pollueurs » le 19 avril 2019 se distingue des mobilisations climatiques précédentes. La convergence avec les gilets jaunes serait-elle en route ?

Photo: Basile Mesré-Barjon pour Alternatiba.
Rassemblement du collectif XR, Extinction, rébellion à Paris, le 24 mars 2019. Photo: Basile Mesré-Barjon pour Alternatiba.

À la différence des précédentes mobilisations pour le climat, le prochain événement du 19 avril, « Bloquons la République des pollueurs » fait nettement référence à la culture des gilets jaunes avec l’idée de « blocage ». Ses organisateurs, des ONG et des mouvements écologistes (Greenpeace, Il est encore temps, ANV-COP21, Les Amis de la Terre), l’envisagent d’ailleurs comme « la plus grande action de désobéissance civile jamais organisée en France ».

Y aura-t-il enfin une convergence des luttes, climatique et sociale ? Celle-ci est en tout cas de plus en plus souhaitée dans les rangs de la gauche. Lors de la Marche du siècle le 16 mars dernier, Yannick Jadot, tête de liste EELV aux élections européennes et François Ruffin (député France insoumise) avaient appelé à une « jonction » entre le mouvement des gilets jaunes et les écologistes et à de nouveaux modes d’action. « Il faut peut-être renouveler les formes. Les gilets jaunes ont rouvert un imaginaire avec les ronds-points, les cabanes et les Champs-Élysées. Il faut continuer d’imaginer », déclarait François Ruffin à BFM TV.

LUTTE NON-VIOLENTE

Le « blocage de la République des pollueurs » aura donc lieu le 19 avril à Paris et dans d’autres grandes villes. Le jour choisi est un vendredi, dans l’espoir de rallier collégiens, lycéens et étudiants. Les actions, plus offensives, prendront la forme d’une désobéissance civile non-violente. Les modalités précises seront tenues secrètes jusqu’à la veille de l’évènement. Pour y participer, les militants doivent s’inscrire sur les réseaux sociaux et assister la veille à une formation de trois heures sur la lutte non-violente et les techniques de blocage, le déploiement de banderoles, les recours juridiques et la médiation.

En parallèle aura lieu un deuxième événement : la « Semaine internationale de la Rébellion », du 15 au 21 avril 2019. Et ce à l’initiative d’Extinction Rebellion, dernier né des mouvements militants pour le climat, implanté du Royaume-Uni en France fin 2018. Le collectif, surnommé « XR », a émis sa déclaration officielle de rébellion le 24 mars dernier au Muséum d’histoire naturelle à Paris : « Nous sommes désormais prêtes et prêts à enfreindre la loi et à en subir les conséquences. Nous sommes prêtes et prêts à inonder les prisons pour que tout ce que l’on aime ne disparaisse pas sous les eaux. Quand l’espoir meurt, l’action commence. L’action commence maintenant. »

Voir ici l’agenda des mobilisations.

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À propos de l’auteur

MARIE PRAGOUT

Journaliste, auteure et traductrice dans les champs social et écologique, j'ai quitté Paris en 2017 pour effectuer mon retour à la terre en Charente limousine, où j'ai grandi.

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