Zéro déchet, à la manière d’un lombric

Dans ce manuel, la journaliste scientifique Nathalie Tordjman propose de s’inspirer des processus naturels d’élimination, de réutilisation et de recyclage à l’œuvre chez les animaux.

La couverture du livre de Nathalie Tordjman : Zéro déchet à la manière d'un lombric
« Zéro déchet, à la manière d’un lombric », de Nathalie Tordjman, Éditions de la Salamandre. Illustration: Mathias Lessing.

Le genre
Essai/guide.

Le pitch
Nathalie Tordjman nous explique comment la nature réussit à se passer de poubelles et nous propose de nous inspirer de ces techniques pour traiter chacune des sources de déchets dans notre vie quotidienne. Le livre présente des dizaines d’exemples de processus naturels de traitement des rebuts. On y voit par exemple les araignées faire preuve de génie dans l’art d’empaqueter ses aliments, ou les plantes réussir l’exploit de dépolluer leur milieu.

L’auteure
Écrivain et journaliste scientifique, Nathalie Tordjman est spécialiste de la nature et de l’environnement. Elle a rédigé des dizaines de livres pour les enfants et sait exprimer les connaissances scientifiques avec des mots simples.

Mon humble avis
Cet ouvrage peut se lire de plusieurs façons. Soit en commençant par la partie qui traite du point précis sur lequel on cherche à agir : pour réduire le gaspillage alimentaire, on pourra, nous explique Nathalie Tordjamn, s’inspirer des lynx. Soit en feuilletant librement la mine d’informations biologiques fournie par les exemples souvent très étonnants. Soit encore en cherchant directement, dans les encadrés qui closent chaque chapitre, les conseils pratiques à mettre en place.

Le croisement des sciences naturelles et des sciences humaines est servi ici par une plume didactique et pleine de bonne humeur.

À lire aussi : Zéro déchet, le manuel d’écologie quotidienne

Une phrase du livre
À décortiquer le fonctionnement des écosystèmes, on apprend que la nature, avant de recycler, met en place toutes sortes de stratégies anti-gaspi.

Un extrait du livre
En attendant, commençons par éviter les contenants dont la nature n’a que faire, comme les plastiques, consommateurs de ressources non renouvelables, polluants à l’élimination et énergivores au recyclage. Il suffit par exemple de choisir des produits emballés dans du papier, comme un savon en bloc plutôt que du gel douche en flacon, de la lessive en poudre dans des boîtes en carton plutôt que liquide en bidon plastique. Car le papier et le carton sont les seuls matériaux d’emballage inventés par la nature. Les guêpes en fabriquent depuis longtemps, mais il n’est pas prouvé qu’elles aient inspiré les papetiers humains. Nos cartons et papiers sont aussi faits de fibres de bois qui, récupérées après usage, séparées et blanchies, servent de matière première pour en élaborer de nouveaux. Une feuille de papier peut ainsi être recyclée jusqu’à cinq fois pour refaire du papier et jusqu’à huit fois pour du carton.

Les autres matériaux d’emballage, verre, acier, aluminium, n’existent pas dans la nature. Ils ne se dégradent pas rapidement. On estime qu’une boîte de conserve en acier enfouie dans le sol met jusqu’à cent ans pour disparaître. La destruction d’une cannette en aluminium ensevelie prendrait cent à trois-cents ans (mais aucune n’a encore atteint cet âge) et une bouteille en verre persiste jusqu’à quatre mille ans. Cela s’explique par le fait que pour les fabriquer, les éléments sont portés à des températures élevées incompatibles avec la vie. Comme le plastique, qui est une sorte d’extraterrestre pour les détritivores qui ne savent pas les dégrader.

Nathalie Tordjman, Zéro déchet, à la manière d’un lombric, Éditions de la Salamandre, 2019, 208 pages.


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À propos de l’auteur

IRIS PETITJEAN

Écologue de formation, je concilie mes deux passions, les insectes et la typographie, en écrivant en pattes de mouche.

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