Txetx : « Cette bataille, je veux la gagner »

Jean-Noël Etcheverry alias Txetx est l’animateur charismatique d’Alternatiba, le mouvement écolo et populaire qui prend de l’ampleur à l’approche de la 21e conférence mondiale sur le climat (dont l’objectif est de contenir le réchauffement sous la barre fatidique des 2° Celsius).

Crédit photo : Emmanuelle Veil
Jean-Noël Etcheverry, dit « Txetx », Charleville-Mezieres 2015

Comment un petit groupe de syndicalistes du pays basque est-il parvenu à mobiliser en deux ans des dizaines de milliers de citoyens autour de l’enjeu planétaire ? En 2013, un premier Village des Alternatives pour le Climat a réuni 10 000 personnes à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Aujourd’hui, la coordination Alternatiba estime à environ 500 000 personnes le nombre de gens qui ont participé à la centaine de villages organisés dans tout le pays (ainsi qu’en Belgique, Espagne, Angleterre, Autriche…) ou à une des étapes du Tour de France Alternatiba (5000km, de Bayonne à Paris en passant par Marseille, Strasbourg, Brest…). Rencontre avec Txetx, pour comprendre d’où il vient, ce qui l’anime, et découvrir son plan de bataille pour sauver la planète.

Comment est né Alternatiba ? Au départ, vous êtes une bande de copains ?
Nous sommes un groupe de gens qui ont un parcours commun, militant et non-violent : on s’est battus au Pays basque contre un projet de route à 4 voies, contre l’introduction des OGM… Nous avons des liens étroits avec Ela, le syndicat ouvrier majoritaire en pays basque sud [côté Espagne], qui est très radical et sensibilisé aux questions écologiques. Dans les années qui ont précédé la conférence mondiale de Copenhague, nous avons créé Bizi [« Vivre »], un mouvement qui allie la question sociale et écologique, car nous avons pris conscience que la bataille du climat conditionne toutes les autres : les questions de démocratie, de paix, de justice sociale, d’égalité des genres, de biodiversité. Et quand on sait que cette bataille décisive va se jouer dans les 5 à 10 ans à venir, on arrête de jouer : on sait qu’on n’a pas le temps de bricoler, ni de déconner, il faut être sérieux, s’organiser. Nous, contrairement à plein de gens, on croit que la bataille du climat est gagnable. La question c’est : est-ce qu’on s’en donne les moyens ? C’est ce que l’on fait avec Alternatiba.

Quel est le plan de bataille ?
La mobilisation de milliers de gens dans le but de créer les bases d’un mouvement climatique mondial. Au début des années 2010, quand on s’est réunis à quelques dizaines dans un camping des Landes et qu’on a commencé à imaginer Alternatiba, on ne savait pas encore que la Cop21 aurait lieu en France. On savait en revanche que cette conférence climatique allait avoir une importance extrême. Après, le fait qu’elle ait lieu en France évidemment nous a beaucoup aidés.

« L’année dernière, on a obligé la Société générale à se retirer d’Alpha Coal, le projet d’exploitation d’un immense bassin de charbon en Australie, qui menace la mer de Corail. »

Pourquoi la mobilisation citoyenne autour du climat est-elle partie du Pays basque ?
Nous, les Basques, on est attachés à notre territoire. On défend notre langue, notre identité, notre bassin de vie. On est minoritaires, 300 000 personnes, en fin de royaume français (pas comme les Bretons qui, eux, sont proches de Paris), on est habitués depuis longtemps à ne pas attendre d’avoir le pouvoir pour agir comme nous l’entendons. Les gens y voient du communautarisme, du nationalisme, mais cet attachement ne nous empêche pas d’être internationalistes, la preuve avec Alternatiba. La question du territoire, c’est très important. Quand tu habitues une masse de gens à s’en foutre de son territoire, parce que tu l’as rendu crado ou déshumanisé (style, les banlieues — et encore, une partie des banlieusards sont attachés à leur banlieue), quand tu as cassé les cultures, les racines, que tu peux te sentir partout chez toi, tu n’es nulle part chez toi. C’est-à-dire que tu n’es pas prêt à défendre ton territoire contre tel projet qui va le saccager, parce que de toute façon, s’il est saccagé, tu iras ailleurs. Et là, on a un gros problème parce que comme tout le monde commence à se sentir non lié à un territoire, à une communauté, et que tout le monde est prêt à aller ailleurs si c’est pourri chez lui, eh bien tout le monde laisse pourrir son monde. A l’heure actuelle, dans le monde, 14 grands projets climaticides, portés par des multinationales, sont en route.

Quelles sont ces 14 bombes climatiques ?
Elles ont été recensées par Greenpeace dans son rapport Point of No Return. L’année dernière, avec Attac et les Amis de la Terre, on a obligé la Société générale à se retirer d’Alpha Coal, le projet d’exploitation d’un immense bassin de charbon en Australie, qui menace la mer de Corail. Ce que l’on veut, c’est utiliser la Cop21 pour convaincre les gens qui ont des fonds, comme les fonds de pension, les universités, les collectivités locales, de retirer ces fonds de tout ce qui finance le changement climatique, et de les mettre dans des choses qui financent la sobriété ou les énergies renouvelables. Car s’il continue, le capitalisme nous amènera au chaos.

Crédit image : Greenpeace.org
La carte de Greenpeace qui recense les 14 bombes climatiques.

Anticapitaliste et écologiste, ces deux termes vous définissent-ils à peu près politiquement ?
Ecologiste, non. En tout cas, pas au sens d’environnementaliste. Les petites fleurs, la diversité animale, je m’en fous un peu. Cela va choquer plein de gens mais je ne me sens pas concerné par la question du loup. Moi, ce qui m’importe, c’est que les bergers puissent continuer à travailler dans la montagne. A l’origine, je suis plutôt un militant social, défenseur de la justice sociale et de la cause basque. La question écologique s’est juste imposée à moi ces vingt dernières années : dans tous mes combats locaux, je l’ai rencontrée. C’est très rationnellement que je défends la biodiversité, et c’est parce que j’y vois l’intérêt de l’être humain. Je sais très bien que si on casse la chaîne de la biodiversité, si on perd telle espèce, telle autre va se développer qui va nous refiler telle épidémie, etc. C’est une question d’équilibre. Après, je ne dis pas que mon approche rationnelle est quelque chose de bien en soi. Je suis moi-même déformé par, justement, toute cette société qui nous apprend à ne voir les choses que du côté de l’intérêt matériel, de la logique cartésienne. Les gens qui, eux, ont un rapport beaucoup plus intuitif, poétique, profond avec la nature, sont sûrement plus à même que moi de faire attention à un certain nombre de choses importantes. Donc, écologiste, non, mais anticapitaliste, oui. Le problème, c’est que quand on emploie ce mot-là, les gens se disent « Wow, extrémiste ! ». Or pour moi, les extrémistes, ce sont les capitalistes, les libéraux. C’est juste par bon sens que je suis anticapitaliste.

Le bon sens étant, comme l’écrivait Descartes, la chose la mieux partagée au monde, comment expliquez-vous que tant de gens soient capitalistes ?

Le bon sens, selon Descartes
Le bon sens est la chose la mieux partagée car chacun pense en être si bien pourvu, que même ceux qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et de distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tout homme ; et qu’ainsi la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est l’appliquer bien.
Descartes, Discours de la méthode, 1637.

Il ne faut pas caricaturer le capitalisme, sinon on ne comprend pas pourquoi tant de personnes continuent à y être attachées. Historiquement, le capitalisme a été une force de développement incroyable. La génération de mes parents, et encore plus celle de mes grands-parents, vivait dans la misère. Quasiment dans toutes les familles du Pays basque intérieur [d’où Txtex est originaire], il y avait un garçon qui partait aux Etats-Unis sans un sou en poche, un autre qui partait faire curé alors qu’il n’avait pas du tout la vocation, une fille qui devenait bonne sœur. A l’âge de 11 ans, mon père a été placé garçon berger chez un montagnard qu’il n’avait jamais vu de sa vie. A 15 ans, ma mère s’est retrouvée bonne dans des chambres d’hôtels et elle a attrapé la tuberculose. Les gens qui ont connu cette misère vraiment très grave qui bouleversait leur vie, ont vu le capitalisme des Trente Glorieuses faire des routes partout, développer une agriculture qui nourrissait tout le monde, soigner les maladies, bâtir des maisons avec une salle de bains (à la ferme de mes grands-parents, c’était la bassine métallique où une fois par semaine, tu mettais l’eau chaude et on se lavait tous dedans). Je me rappelle de ma mère qui lavait le linge au lavoir avec les autres femmes. Ces gens-là, tu pourras leur expliquer ce que tu voudras, ils ont vu en une vie humaine tout ce que le capitalisme a apporté.

Et qu’est-ce qui fait qu’au niveau d’une génération comme la vôtre on devient anticapitaliste ?
Le capitalisme est antinaturel : dans ce système, tu ne produis pas pour satisfaire les besoins de l’homme, tu produis pour faire du profit. Le capitalisme crée une frustration permanente et une course à la consommation ostentatoire. Et puis, arrive un moment où tu dépenses toutes les matières premières et l’énergie de la Terre et où tu rejettes des émissions de gaz à effet de serre à tous les niveaux et où tu pollues toute la planète et où tu détruis tout. Ce modèle est en train de saper les bases qui lui permettent de fonctionner. Le capitalisme, c’est comme une voiture folle dans laquelle il n’y a plus personne qui conduit et qui va toujours plus vite, droit dans le mur.

Et vous pensez qu’on peut éviter le crash ?
Il suffit de remettre un conducteur dans la voiture, d’édicter des normes, des interdictions. On va me dire : « Voilà, l’écologie est attentatoire à la liberté des gens ! » C’est le nouveau concept : on a le droit de bousiller la planète, de pourrir la vie des générations à venir, mais il ne faut surtout pas toucher à la liberté de rouler en 4×4, ou de jeter ses déchets n’importe comment, ou d’acheter des produits emballés. Il ne faudrait pas interdire le suremballage des produits ? Si, il faut l’interdire. Pourquoi, sur le climat, un problème central pour les conditions de vie de l’humanité, en particulier dans le tiers-monde et chez les pauvres d’ici, on ne devrait pas faire des interdictions ? On interdit à quelqu’un de foutre des coups de poignard à son voisin de palier, c’est une atteinte à sa liberté ? Oui, et c’est normal. Le code de la route : est-ce une « atteinte à la liberté » de ne pas pouvoir rouler à 180 km/h dans les ruelles des centre-ville ? Ça suffit ce monde où les gens se croient tout permis, où n’importe qui peut faire rouler des camions vides ici et là ! Ce n’est pas du tout normal. Il va falloir que les gens arrêtent de croire qu’on a la liberté de faire ce qu’on veut. Ce n’est pas vrai. A partir du moment, évidemment, où les limites à cette liberté sont démocratiquement et collectivement décidées.

Eh bien, il y a du travail !
A ce sujet, j’ai lu récemment un livre passionnant sur les films de science-fiction : l’auteur constatait que beaucoup de ces films posent la question de la disparition de l’humanité, mais qu’en revanche, aucun ne pose la question de la disparition du capitalisme. Dans notre imaginaire collectif, on a plus de facilités à imaginer la disparition de l’humanité que la disparition de ce système, qui pourtant n’existe que depuis 200 à 300 ans. C’est très révélateur de ce sentiment d’impuissance qu’ont les gens.

« Le vieux modèle des énergies fossiles et du nucléaire, qui réclame d’énormes capitaux pour exploiter de gigantesques infrastructures et réseaux de distribution, s’accompagne d’une militarisation de la société pour des questions de sécurité. »

D’où vient-il, ce sentiment d’impuissance ?
Les centres de décision et de pouvoir s’éloignent des citoyens. Les choses deviennent tellement complexes qu’il faut faire les grandes écoles pour arriver à gérer les grandes entreprises, les machines politiques. On entre vraiment dans des phases dangereuses pour la démocratie : les élites ne voient pas de problème à appliquer un traité constitutionnel européen rejeté par référendum ou à négocier dans le plus grand secret le Tafta. Cette centralisation est liée au vieux modèle des énergies fossiles et du nucléaire, qui réclame d’énormes capitaux concentrés pour exploiter des grandes infrastructures, des gigantesques réseaux de distribution. Et cela demande en général une militarisation de la société pour des questions de sécurité, alors que le modèle de sobriété énergétique, lui, est profondément décentralisateur. L’isolation des bâtiments, les transports de proximité, les énergies renouvelables, la plupart du temps, ce sont des choses qui peuvent se développer au plus près des territoires. On voit bien qu’il y a là deux modèles qui ont leur propre logique : l’une centralisatrice et uniformisante, l’autre décentralisatrice et qui donne de l’autonomie aux régions.

Aujourd’hui, peut-on être de gauche sans être écologiste ?
On peut être de gauche sans être dans un parti écologiste bien sûr, mais je ne crois pas à la lucidité des militants de gauche qui ne se posent pas la question écologique. Vouloir lutter contre la pauvreté, pour l’égalité et pour la justice sociale sans prendre en compte les limites de la Terre, c’est soit être inconscient que tout le monde ne peut pas avoir le niveau de consommation matérielle de l’Occident (sauf si on avait 3 ou 6 planètes), soit dire à 80% de la population mondiale : « Eh bien vous, vous allez vivre dans la misère pendant que 20% vont continuer à vivre avec le standard occidental ». Quand un militant de gauche me dit : « Je me fous de l’écologie, c’est bobo », en fait, il me dit : « Je défends le niveau de vie de ma classe moyenne à moi, et je n’en ai rien à foutre du reste du monde, ils peuvent bien continuer à vivre dans la misère comme ils viennent de vivre ces cent dernières années. » Ou : « Je me fous des générations qui suivent, je suis prêt à faire péter le climat, à ce que le Bangladesh passe sous l’eau, du moment que moi j’ai maintenu mon standard de vie de classe moyenne occidentale ». Pour moi, l’écologie, ce n’est pas de trouver des solutions plus propres pour que ce modèle de société continue à fonctionner comme il fonctionne. Prenons la proposition de Ségolène Royal au sujet des transports par exemple : « On va faire des voitures électriques et on va mettre plus d’agrocarburants dans les réservoirs afin d’émettre moins de gaz à effet de serre ». C’est complètement à côte de la plaque : même si les voitures roulaient à l’eau, le problème c’est qu’en France, tu as une voiture pour deux habitants, 30 millions de voitures, les routes et les parkings qui vont avec, la société qui va avec, et c’est cela qui est énormément émetteur de gaz à effet de serre. Si les Chinois faisaient la même chose que nous, ça voudrait dire 700 millions de voitures. Avec quel minerai, quelle énergie, construit-on ces voitures-là, les routes et les parkings qui vont avec ? La solution n’est évidemment pas là.

Elle est où alors ?
Elle est dans l’aménagement du territoire et l’organisation économique de nos sociétés. Il faudrait avoir beaucoup moins besoin de transports et pouvoir se déplacer avec des transports collectifs, des vélos, du train ou des péniches pour les marchandises. Ségolène Royal pense « énergies renouvelables » en premier, et ça, c’est une grosse erreur. Ces solutions technologiques de « croissance verte » nous amènent à la même crise.

C’est-à-dire ?
On oublie, les choses passent tellement vite. Mais regardez ce qui s’est passé en 2008 : cette réaugmentation de la famine mondiale qui a déclenché les printemps arabes (sans parler de la situation dramatique en Syrie). A quoi était-elle due ? A une flambée des prix des denrées alimentaires de base à l’échelle mondiale. Et qu’est-ce qui avait provoqué cette flambée ?

  1. Les premières conséquences du réchauffement climatique qui se faisaient sentir et ont fait chuter la production alimentaire.
  2. L’augmentation de l’alimentation carnée, depuis que la classe moyenne chinoise, brésilienne, etc. s’est mise à consommer autant de viande que nous, exerce une énorme pression sur les céréales parce qu’il faut 7 fois plus de terre pour produire une protéine d’origine animale que d’origine végétale.
  3. Les quantités faramineuses de maïs, notamment aux Etats-Unis, consacrées à fabriquer du biocarburant, qui ont fait exploser le prix du maïs dans le monde.

La croissance verte va créer des solutions qui vont créer encore plus de problèmes. La vraie conscience écologiste, c’est de dire : il faut changer le système.

« On ira tous les jours à Paris organiser les grandes manifs, les mobilisations, les actions non-violentes. »

Vaste programme…
J’ai dit changer « le » système, pas changer « de » système. Changer le système ne veut pas forcément dire abattre le capitalisme, autrement, on aurait perdu la bataille du climat car on n’a pas le rapport de force aujourd’hui pour abattre le capitalisme. Et ce ne sont pas les écologistes tout seuls qui vont sauver la planète, d’où la question des alliances. J’entends des gens qui disent : « Ah, moi, je ne veux pas de religieux à la Cop21 ! » Ils te rappellent tous les vices et les tares de la religion depuis le Moyen Age. C’est sûr, on peut rester là, être bloqués et ne jamais s’allier avec les réseaux catholiques, protestants, etc. Mais au sein de l’Eglise, existent des forces progressistes qui travaillent dans le bon sens, et moi, je suis tout à fait prêt à travailler avec elles. Tout comme au Parti Communiste, il y a évidemment plein de représentants du vieux modèle productiviste, mais il y a aussi des gens qui ont compris la nouvelle donne écologique et sociale et qui sont prêts à bouger.

Qu’allez-vous faire pendant la Cop21 ?
On va se retrouver à 200 militants dans un gymnase à l’Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), on va installer des lits de camp et on va vivre là en conformité avec nos alternatives : de la nourriture locale et bio, des toilettes sèches, des transports à vélo ou collectifs, plein de choses comme ça. Et de là, on ira tous les jours à Paris organiser les grandes manifs, les mobilisations, les actions non-violentes. Ce QG (on l’appelle le QG, le « quartier génial ») nous servira aussi à poursuivre la discussion collective sur notre plan de bataille, parce qu’on pense que pendant la Cop21, il va y avoir une accélération de l’imagination collective de ce qu’il faut faire pour le climat. Ensuite, on s’est fixé un week-end vers la fin février 2016 où on prendra les décisions.

Qu’est-ce que vous attendez de la Cop21 ?
Rien. Ce n’est pas parti pour que la Cop mondiale sauve le climat. Ce sont des engagements volontaires des Etats, et actuellement, les engagements qui ont été pris sont complètement insuffisants pour rester en dessous des 2 degrés. On va plutôt vers les 4 degrés. Et ce ne sera pas un accord contraignant juridiquement : il n’y aura pas de sanctions si les engagements ne sont pas tenus. Des engagements insuffisants et pas obligatoires, tu parles qu’on ne va pas rester en dessous des 4 degrés ! Et cet accord signé en 2015 n’entrera en application qu’à partir de 2020. Or, il faut commencer à bouger massivement de 2015 à 2020. De plus, des questions centrales ne sont pas contenues dans l’accord, comme la question de l’extraction des énergies fossiles. Donc pour nous, l’enjeu de la Cop21 est d’arriver à poser les bases d’un mouvement climatique mondial qui puisse gagner des batailles décisives.

 

Image : ABK
Le leader d’Alternatiba vu par ABK

En savoir plus sur Txetx

mini questionnaire perso
Le métier que vous rêviez de faire lorsque vous étiez enfant.
Militaire.

Un livre sur une île déserte.
Small is Beautiful de Schumacher.

Personnage historique pour lequel vous avez le plus d’admiration.
Rosa Luxemburg.

Aimez-vous la pluie ?
Oui, j’aime bien.

Carnivore ou végétarien ?
Carnivore en évolution (j’ai été élevé à la charcuterie et aux œufs), vers un statut plus planéto-compatible. Avec mes copains et copines végétariens, je découvre la richesse des légumes.

La dernière fois que vous avez pris l’avion.
En mars, pour aller au Forum Social Mondial de Tunis.

Votre devise dans la vie.
Ezinezkoa ekinez egina. Littéralement, en basque, cela veut dire : « Fais en le faisant. » On peut traduire par : « L’impossible devient faisable quand on se met à le faire. »

Si vous étiez un animal ?
Un paresseux.

L’homme ou la femme avec qui vous rêveriez de faire une randonnée à vélo.
Henri Laborit.

Votre petit geste pour sauver la planète.
Je suis entièrement meublé à partir de choses que j’ai récupérées dans les rues de mon quartier : chaises, fauteuils, matelas. Les fringues, c’est pareil.

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À propos de l’auteur

EMMANUELLE VEIL

Journaliste, co-fondatrice du journal minimal, je suis spécialiste des questions de société.

6 commentaires

  1. Ce que tu as fais Txetx depuis 2 ans en terme de mobilisation nationale est proprement phénoménal, extraordinaire ! D’autant que ton mouvement a entraîné beaucoup de jeunes que l’on disait résignés. Attendaient-ils leur heure ?
    J’espère de tout coeur que ton optimisme aura raison et que la pression citoyenne garde ses chances en terme transformation.
    Pour ma part, je n’y crois plus de longue date. Mon optimisme, il est dans les transitions citoyennes c’est à dire les transformations réalisées par les citoyens eux-mêmes, organisés ou non en coopératives de toutes sortes.
    52 % des énergies vertes allemandes sont produites par des coopératives citoyennes, de même que 150 000 logements sociaux… La révolution est là, dans une véritable reprise de pouvoir sur l’économie.
    Je rêve Txetx que lors de votre réunion de février 2016, vous orientiez cette formidable mobilisation réussie au delà de tout espoir pour la Cop 21 vers des transitions concrètes. Tu as ce pouvoir d’amener peut-être toute une génération à passer à l’acte, ne manque pas cette chance.
    Cordialement, A. D.

    • EMMANUELLE VEIL

      Merci Alain Duez pour ce témoignage, Txetx en a sans doute pris connaissance car il a finalement pu, entre deux réunions, lire cette interview qu’il nous a accordée 😉

      1
  2. j’apprécie beaucoup cet entretien car l’homme Txetx parle vrai, c’est-à-dire qu’il ne pratique pas la langue de bois, et il me semble qu’il laisse place à la discussion
    merci

    • EMMANUELLE VEIL

      Tant mieux Catherine, ravie de savoir que la position très pragmatique et non dogmatique de Textx t’a bien plu, cela ne m’étonne pas de toi 🙂

      1
  3. Alternatiba n’était pas même positionné par rapport à la COP ! Et on parle de rapports de force ?
    Txetx est plus en train de saper le peu de militants écologistes de terrain qu’il restait, qu’autre chose. Le reste c’est du blabla

    Pour quelle raison un homme non écologiste peut-il autant s’approprier un mouvement, et avoir un tel égo surdimensionné ? Txetx, reste uniquement sur ta question basque, va ! La France n’a pas besoin de ta bravoure hypocrite. Tu mets les vrais écologistes dans la m…

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