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Supermamie pour le climat

Une alliance internationale de papis et mamies écolos vient de naître. Estelle Le Touzé, présidente de l’association française des Grands-parents pour le Climat, accueillait à Paris ses homologues du monde entier à la veille de la Cop21, pour s’organiser.

Montage : Emmanuelle VeilSamedi 28 novembre, juste avant l’ouverture de la Cop21, des personnes âgées du monde entier se sont retrouvées à Paris pour créer l’alliance internationale des Grands-parents pour le Climat. Leur objectif est d’offrir à leurs petits-enfants une planète vivable. Jusque-là, les mouvements étaient éparpillés : Norvège, Suisse, Belgique, Angleterre, Canada…

BLESSÉE PAR BALLE EN 2002

« On a un devoir moral, celui de laisser à nos enfants et petits-enfants un monde dans lequel ils soient capables de vivre  » explique Estelle Le Touzé, présidente de l’association française des Grands-parents pour le Climat (70 membres, 300 sympathisants), créée en juin 2015 et qui a accueilli dans ses locaux la rencontre internationale.

Qui sont ces super-papis et super-mamies ? D’anciens dirigeants pour la plupart : en Belgique, la responsable est une ex-députée fédérale écolo. En France, le vice-président de l’association, Philippe Girardin, est l’ancien président du parc naturel régional des Ballons des Vosges. Estelle Le Touzé, quant à elle, fut élue municipale (PS, puis Verts) à Nanterre (Hauts-de-Seine). Un engagement qu’elle paya d’ailleurs lourdement : le 27 mars 2002, elle fut grièvement blessée par balle lorsqu’un illuminé, Richard Durn, mitrailla le conseil municipal (8 morts). S’ensuivit, alors, une longue période de retrait de la vie politique.

Photo : Marie Drollon
Estelle Le Touzé à la cafétéria de la Cité universitaire, novembre 2015. Photo : Marie Drollon

Au printemps dernier, lorsqu’elle découvre dans une revue l’existence dans divers pays d’un mouvement de « grands-parents pour le climat », elle contacte les branches belges et suisses : « J’ai commencé par les francophones pour plus de facilité ». Les Belges lui répondent en premier et l’invitent pour travailler à la rédaction de leur charte, puis tout s’enchaîne : dans le train, elle fait la connaissance d’Eric la Blanche, un journaliste du magazine Causette, qui suivra et accompagnera cette initiative en France. Estelle Le Touzé ouvre ensuite une page Facebook (avoir cinq petits-enfants, cela aide à être connectée) et crée une newsletter mensuelle avec l’aide d’une retraitée experte en communication : on y trouve un agenda, des liens vers des sites de vulgarisation et des conseils pour inculquer à ses petits-enfants l’amour de la nature.

UN GRAND COMBAT, FAIT DE PETITS GESTES

À quoi ressemble le combat quotidien d’Estelle Le Touzé ? À Nanterre, son lieu de résidence, « Supermamie » fait systématiquement la chasse aux sacs plastiques lorsqu’elle va au marché, « hormis pour le poisson, car cela fuit». Et elle essaye de faire des adeptes : il y a peu, elle a profité du fait que la boulangerie était pleine de clients pour féliciter tout haut le boulanger de ne plus donner de sacs plastiques. On est loin de la cape et de l’épée, bien sûr, mais ce sont ces petits gestes qui permettent de donner l’exemple. « Si nous nous lançons là-dedans, en tant que grands-parents, c’est parce qu’on est convaincus de notre capacité à transmettre, c’est cela qui fait notre force ».

Aller plus loin : voir l’interview d’Estelle le Touzé à la sortie de la réunion du 28 novembre 2015 créant l’alliance des Grands-parents pour le Climat. Par ailleurs, le 8 décembre 2015, Estelle Le Touzé participera à une table ronde sur l’engagement écologiste, en partenariat avec Énergie Partagée (une association qui accompagne et finance des projets citoyens d’énergie 100 % renouvelables) à La Boutique des arts ménagers (Paris 11e).

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À propos de l’auteur

Ecolo et féministe, j’ai travaillé comme journaliste à La Chaine Parlementaire et j’ai longtemps tenu un blog sur les questions de sexualité.

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