Les meilleures anecdotes des livreurs : « Tout s’était renversé »

Des livreurs racontent au journal minimal leurs plans galères, leurs rencontres marquantes. Histoires vraies de tous les jours, recueillies par Élodie Müntz.

livreurs
Vis ma vie de livreur. Image: Franck Louvre w/Pixabay.

colis de livraison« Je devais récupérer un colis dans une entreprise. Quelle ne fut pas ma surprise de trouver un paquet deux fois plus grand que moi ! Incapable de le porter, j’ai commencé à le pousser dans les couloirs et je me suis fait très mal à l’épaule. Un salarié de l’entreprise qui passait à ce moment-là a eu pitié de moi, il m’a aidée avec le colis, m’a apporté un diable. Il m’a ensuite donné des conseils sur la façon de charger ma camionnette. Ce fut une belle rencontre. »
— Perrine, collectrice de colis pour La Poste.

 

homme mécontent au téléphone« Avec mon équipe, nous étions arrivés chez un client pour lui livrer et lui monter un meuble. Le client n’était pas très agréable. Il nous a demandé de déplacer un autre meuble, ce que nous n’avions pas à faire. Face à mes différents refus, il a demandé le numéro de mon patron. Il voulait l’appeler pour lui dire que nous refusions de faire ce qui était prévu, que nous faisions mal notre travail. Il était énervé et voulait me faire renvoyer. Malheureusement pour lui, c’est mon téléphone qui a sonné. C’était moi le patron de l’entreprise ! Le client s’est décomposé et j’en ai profité pour lui faire la morale. Il aurait pu faire perdre son emploi à un livreur qui faisait correctement son travail. J’ai beaucoup de souvenirs comme ça, dans ce métier il faut avoir les nerfs solides. »
— Alain, entrepreneur dans le domaine de la livraison express puis dans la livraison de meubles.

 

boisson KFC« Je suis allé chercher une commande KFC et on m’a donné un sac en carton agrafé. Je ne pouvais donc pas voir la commande. J’ai fait le trajet à VTT jusque chez le client mais lorsqu’il a récupéré sa commande toutes les boissons s’étaient renversées. Le magasin n’avait pas mis de couvercle mais le client s’en est pris violemment à moi, comme si j’étais le responsable. »
— Hugo, étudiant et livreur Uber Eats et Stuart durant un an et demi.

 

bouteille et verre rose« Une cliente avait commandé pas mal de pizzas ainsi qu’une bouteille de rosé pour les accompagner. Lorsque je suis arrivé chez elle, nous avons un peu discuté et je lui ai dit que la pizzeria faisait un geste commercial en lui offrant la bouteille. Elle était tellement contente qu’elle m’a donné un pourboire d’un montant supérieur à celui de la bouteille. Je ne sais pas si elle s’en est rendu compte mais c’est le genre de geste qui fait vraiment plaisir. »
— Brice, livreur de pizzas dans le Val d’Oise.

 

message smartphone« Sur l’application dont nous sommes équipés, les clients peuvent nous laisser des messages. Généralement, ils s’en servent pour nous indiquer leurs adresses, nous dire de ne pas sonner, etc. J’étais en route quand j’ai reçu une notification : mon client me demandait de passer au tabac pour lui acheter un paquet de cigarettes. Il me donnait des informations très précises sur la marque et la quantité qu’il voulait J’étais pressé donc je ne l’ai pas fait mais ça m’a fait rire. »
— Hugo.

 

plaque chocolat qui dégouline« J’avais emprunté une route cahoteuse pour me rendre au travail. Mon camion était déjà chargé de tonnes de cacao liquide. Avec les bosses, les portes se sont ouvertes. Le temps que je m’en aperçoive, une grande partie du cacao avait coulé sur la route. A l’état liquide, le cacao est une matière très grasse et glissante. Un curé est arrivé sur la route au même moment. Avec sa trois chevaux, il a glissé sur le cacao et a fini dans le fossé. »
— Roger, retraité, transporteur sur la ligne Paris-Rouen durant vingt-deux ans.

 

montagnes, nuages, soleil« La livraison était loin de chez moi, je devais traverser la montagne. J’ai pris des petites routes peu empruntées, sur lesquelles il n’y avait pas de réseau. Malheureusement pour moi, je suis tombé en panne. Je ne savais vraiment pas quoi faire, je n’avais aucun moyen de communication et il faisait froid. Finalement, une voiture est passée par là et s’est arrêtée. C’était un infirmier, très sympa, il habitait dans le coin, il est parti chercher son tracteur pour me dépanner. Il m’a même invité chez lui. Il y a une véritable solidarité sur la route qui est très agréable. »
— Alain

 

livreurs pictogramme geolocalisation« J’ai envoyé un employé livrer un colis à la Gare de Lyon, dans le 12e arrondissement de Paris. La journée est passée et j’étais étonné de ne pas avoir de ses nouvelles mais comme j’avais d’autres choses à faire, j’ai laissé passer. Il a fini par m’appeler car il ne trouvait pas l’endroit exact de la livraison. Après un bref échange, je me suis rendu compte que nous ne nous étions vraiment pas compris : il était à la gare de Lyon, à Lyon. »
— Alain

 

chronomètre livreurs« L’autre jour, j’en avais vraiment marre du travail. Dans mon métier, je suis toujours chronométré. Je suis censé livrer une centaine de colis avant 13 heures, sinon tout ce qui est flashé (avec l’appareil mis à disposition) ensuite est considéré ‘hors délai’. C’est à dire que non seulement je dois livrer ces colis gratuitement, mais mon patron paye une pénalité. C’est un moyen pour les commanditaires de nous forcer à livrer plus rapidement. Pour couronner le tout, ce jour là, il y avait des embouteillages. Je me suis vite aperçu que je n’arriverai pas à tenir la cadence. Alors, à 12h45, j’ai garé mon camion sur un parking et je me suis enfermé à l’arrière. J’ai flashé tous les colis qu’il me restait à livrer comme si je les avais déjà déposés. Je sais que ce n’est pas ‘légal’ mais ça m’a permis d’être moins stressé. Après avoir tout flashé, j’ai repris ma tournée comme si de rien était, sans la pression de l’échéance. »
— Samir, livreur pour Fedex TNT.

 

Emoticon Pinocchio« Uber avait mis en place un challenge pour nous inciter à être plus productifs. Si on faisait 10 courses, nous avions une prime de 10 €, pour 12 courses nous avions une prime de 15 €… J’ai participé à ce challenge mais lorsque j’ai voulu me faire payer c’était quasiment impossible. J’ai envoyé des messages à l’application et plusieurs mails avec des captures d’écrans mais personne ne me répondait. Je n’avais aucun interlocuteur direct et il m’a fallu plus d’un mois et beaucoup de détermination pour être finalement payé. »
— Hugo

 

livreurs et ballon de rubgy« Je livre des pizzas tous les soirs avec mon propre véhicule. En tant que grand fan de rugby et principalement du Stade toulousain, j’ai décoré ma voiture à l’effigie du club avec de nombreux autocollants. Un jour, je suis arrivé chez un client qui a adoré ma voiture. C’était lui aussi un fan du club et on a parlé rugby pendant plus d’un quart d’heure. Le contact est tellement bien passé que j’en ai oublié la suite de mes livraisons. Finalement, nous avons été interrompus par un appel de mon chef. D’autres pizzas m’attendaient. Heureusement, mon chef est aussi un ami donc il était plutôt amusé par la situation. Avant que je parte, le client m’a proposé de se revoir autour d’une bière pour poursuivre la discussion. »
— Brice

 

Canapé« Avec les années, j’ai le compas dans l’œil. J’arrive à dire si tel ou tel meuble passe dans un espace très réduit lors des déplacements. Une fois, un client ne m’a pas cru. Il voulait absolument que nous montions son canapé à l’étage en empruntant un escalier étroit. Je lui ai dit que ça ne servait à rien de sortir le canapé du camion, qu’il ne passerait pas et que nous reviendrons demain avec le matériel nécessaire. Il a insisté et j’ai donc fait un pari avec lui. J’acceptais de sortir le canapé de mon camion s’il me donnait 20 € quand il verrait que le canapé ne passait pas. Il était sûr de lui car il avait monté un fauteuil quelques jours auparavant. Il s’est finalement rendu compte que les dimensions n’étaient pas identiques et j’ai gagné 20 € ! »
— Alain

 

Altercation avec automobiliste« Je devais aller chercher un colis et je n’ai pas trouvé de place pour me garer. Comme j’en avais pour quelques secondes je me suis mise en double file, avec les warning. Je me suis dit que les autres automobilistes pourraient passer sur la seconde file. Mais quand je suis sortie de mon véhicule, je me suis fait insulter par un automobiliste. Il a commencé à faire des gestes obscènes. J’ai eu très peur qu’il sorte de sa voiture et me frappe, du coup je me suis enfuie en courant. »
— Perrine


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À propos de l’auteur

ÉLODIE MÜNTZ

Étudiante passionnée d'histoire et de philosophie, j'écris aussi des articles.

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