L’Entraide, l’autre loi de la jungle

Dans cet essai, les biologistes Pablo Servigne et Gauthier Chapelle doutent du primat de la « loi du plus fort ». L’entraide n’est-elle pas en réalité le comportement majoritaire dans le monde vivant ?

L'Entraide, l'autre loi de la jungle, de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle
L’Entraide, l’autre loi de la jungle, de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle. Photo: Iris Petitjean.

Le genre
Essai transdisciplinaire, entre biologie, sociologie, économie et philosophie.

Le pitch
Contrairement à ce que laissent penser les principales publications en biologie, qui prétendent que seule la compétition importe, cet ouvrage fait état d’un foisonnement d’exemples d’entraide dans le monde vivant. Comment en tant qu’humains tirer parti de ce mécanisme puissant pour renouveler notre société ?

Les auteurs
Pablo Servigne et Gauthier Chapelle sont tous deux agronomes et docteurs en biologie. Pablo Servigne est l’un des fondateurs de la « collapsologie », l’étude de l’effondrement de notre civilisation. Il a publié de nombreux ouvrages transdisciplinaires et s’intéresse à l’avenir post-pétrole (notamment en agriculture). Gautier Chapelle est cofondateur de Biomimicry Europa, une association qui propose de s’inspirer de la nature (biomimétisme) pour développer des biens et des services.

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Mon humble avis
Cet ouvrage est très dense mais son message est simple et optimiste : l’entraide est partout et nous, humains, sommes bel et bien des êtres aspirant à la convivialité plus qu’à la compétition. Qu’il s’agisse de consommation ou de taille des institutions, on se rend compte que le minimalisme est un concept salvateur : « Dès qu’il y a un problème, c’est que quelque chose est trop grand » (Léopold Kohr, économiste, inventeur de la formule « Small is beautiful« ).

Le fait d’avoir écrit ce livre à quatre mains, et surtout en s’intéressant à plusieurs domaines de recherche montre bien l’importance du phénomène d’entraide et l’intérêt qu’apporte la multiplicité des points de vue. Après cette lecture, on a envie de sourire à tout le monde.

Une phrase du livre
« Les relations d’entraide impliquant de la confiance ont tendance à améliorer le sentiment de bien-être, ce qui en retour favorise l’augmentation des niveaux de confiance, et donc d’entraide. »

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Un extrait du livre
« Que le meilleur gagne » est non seulement une piètre interprétation de la théorie de l’évolution, mais surtout une très mauvaise idéologie pour maintenir la cohésion d’un groupe, et a fortiori la vie sur terre. Pourquoi vouloir écraser l’autre ? Pourquoi chercher à ce point la solitude, la division et l’aliénation ? Ce mythe ne serait-il pas en réalité un puissant instrument de domination ? La victoire culturelle de cette idéologie ne s’est pas faite en un claquement de doigts ; elle a mobilisé pendant des décennies des forces et des sommes d’argent considérables. Peut-être est-il encore temps de prendre le chemin inverse. Chaque génération se raconte ses propres récits mythologiques, qui donnent un sens à son monde et l’aident à comprendre la réalité. Les récits sont des manières de lier des groupes, de faire connaître des identités collectives pour former des communautés de destin. Aujourd’hui, les choses ont changé. En temps de crise, de grande visions se confrontent, et la bataille se déplace d’abord sur le terrain de l’imaginaire et des récits. »

Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, L’Entraide, l’autre loi de la jungle, Éditions Les liens qui libèrent, février 2018, 384 pp.

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À propos de l’auteur

IRIS PETITJEAN

Écologue de formation, je concilie mes deux passions, les insectes et la typographie, en écrivant en pattes de mouche.

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