Le manuel de la vie buissonnière – Manifeste pour une cueillette sauvage

Ce guide de la vie buissonnière présente le parcours d’un homme qui a effectué à pied un trajet du nord de la France au Portugal en se nourrissant uniquement de ce qu’il récoltait en chemin.

Le manuel de la vie buissonnière – Manifeste pour une cueillette sauvage
Le manuel de la vie buissonnière – Manifeste pour une cueillette sauvage, de Vianney Clavreul, aux Éditions Terran. Photo: Iris Petitjean.

Le genre
Guide naturaliste illustré.

Le pitch
Vianney Clavreul a parcouru 2 600 kilomètres à pied en six mois, depuis la baie de Somme jusqu’à Porto, en tirant sa charrette à bras. En chemin, il a cherché à ne se nourrir que de ses récoltes, principalement des végétaux (fruits, fleurs, algues…), mais a quand même avalé quelques champignons et coquillages. Il a aussi, parfois, accepté les extras que les personnes qu’il rencontrait lui offraient, et a dû se résoudre à acheter quelques denrées très nourrissantes pour contrebalancer l’énorme effort physique qu’il fournissait. Mais dans l’ensemble, il a gagné son pari : prouver qu’il est possible de se passer des produits de l’industrie agroalimentaire.

L’auteur
Vianney Clavreul est guide nature en baie de Somme. Son goût pour la pédagogie et son amour des grands espaces l’ont poussé à entreprendre ce voyage et à en retranscrire les enseignements sous forme de livre.

Mon humble avis
J’ai été émerveillée aussi bien par les magnifiques illustrations naturalistes de Lucie Fiore que par le contenu. La première partie du livre retrace le voyage de l’auteur, on y trouve de judicieux conseils et des impressions personnelles qui donnent un côté universel à ce récit intime. Poussant le minimalisme à son apogée, Vianney Clavreul s’est pendant six mois essayé à l’autonomie alimentaire. Il s’est, pendant son trajet, nourri de ses glanages, pour la plupart des végétaux, que les malheureuses personnes approvisionnées dans les rayons des supermarchés appellent des « mauvaises herbes« .

PLANTES COMESTIBLES

Pour entreprendre un tel voyage, il a dû expérimenter, souffrir un peu, marcher beaucoup, porter considérablement, et il livre généreusement ses conclusions au lecteur, qui pourra ainsi profiter de ses essais, erreurs et réussites. J’ai autant apprécié ses recommandations sur la manière de composer son sac pour une randonnée, ses informations pour s’orienter, que ses récits personnels sur la marche pieds nus et l’hygiène en pleine nature, et je fais désormais miens ses conseils.

Très pratique, l’ouvrage présente ensuite un guide des plantes proprement dit. Étant moi-même une cueilleuse des chemins habituée à déguster les trouvailles de mes balades, j’ai tout de même appris énormément de choses nouvelles sur les plantes comestibles, que je vais m’empresser de mettre en pratique, pourquoi pas grâce aux recettes du chef cuisiner Jean-Marie Dumaine proposées dans la troisième partie de l’ouvrage.

À lire aussi : plus d’articles sur le thème de la cueillette (racines d’hiver, fleurs comestibles…).

Une phrase du livre
« Une des morales que j’ai tirées de cette histoire c’est : ‘C’est possible, mais faites gaffe’. »

Un extrait du livre
« Nous ponctionnons sur les réserves depuis plus de cinquante ans, si bien que nous sommes maintenant en 2020 à user l’équivalent de ce qu’il faut un an et demi à la Terre pour produire, c’est épuisant pour elle autant que pour nous – lorsque l’on cueille on ne tue pas, et l’équilibre biologique de la zone de cueillette est respecté.

[…] 80 % des végétaux sont comestibles, certains crus, d’autres cuits. 12 % sont toxiques et 8 % mortels, ces chiffres pouvant varier selon la quantité et les parties ingérées, la saison de la cueillette, voire l’usage qu’on en fait. On ne le redira jamais suffisamment, il est obligatoire de savoir systématiquement ce que l’on mange.

Progressivement, vous allez acquérir le savoir, vous allez opérer une transition alimentaire, tranquillement, à votre rythme. Passer d’une alimentation qui a rendu malade notre société et son environnement à une alimentation de santé peut demander un certain temps, car l’on change d’habitude au rythme de nos prises de conscience et dans le même temps sortent de notre corps les toxines ingérées depuis tant d’années. Pour savoir combien votre corps est chargé en toxines, le plus simple est de vous sentir les aisselles : tant que vous trouvez que vous sentez mauvais, votre corps possède trop de toxines. Une fois cela réglé, vous découvrirez votre véritable odeur. »

Le manuel de la vie buissonnière – Manifeste pour une cueillette sauvage, Vianney Clavreul, Éditions Terran, 2020, 240 pages.


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À propos de l’auteur

IRIS PETITJEAN

Écologue de formation, je concilie mes deux passions, les insectes et la typographie, en écrivant en pattes de mouche.

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