Ils sauvent 1 400 crapauds qui allaient se faire écrabouiller

C’est la saison des amours. À Marsangy (Yonne), l’association Le Ruban vert aide les crapauds en voie de disparition à traverser la route pour rejoindre l’étang où ils peuvent s’accoupler.

Les membres du ruban vert sauvent les crapauds
Des bénévoles rassemblés après avoir achevé la construction d’une barrière de rétention des crapauds. 3e en partant de la gauche: Claire Tutenuit, présidente du Ruban vert. Photo: Catherine Simonet.

Chaque année, en février et mars, lorsque la température dépasse les 6° C et qu’il pleut, les crapauds quittent leur site d’hibernation pour aller frayer aux abords des plans d’eau. Entre Rousson et Marsangy, deux petits villages du nord de l’Yonne, ils descendent la colline boisée et doivent traverser en pleine nuit la départementale 24 pour rejoindre la plaine où se trouve l’étang : 90 % meurent alors sous les roues des automobilistes.

« Un soir où il faisait très doux, en rentrant chez moi, j’en ai découvert des centaines écrasés, j’étais en pleurs » raconte Clotilde Rouanet, animatrice de marche nordique à Marsangy. C’était il y a trois ans et depuis, elle et ses amis du Ruban Vert,  l’association qui milite pour un corridor de biodiversité entre la forêt d’Othe et le Gâtinais, essayent de protéger ces batraciens durant leur migration prénuptiale.

La préfecture leur a délivré une « autorisation de ramassage d’espèce protégée », et ils ont reçu en 2018 mille euros de la Fondation pour la nature et l’homme afin de construire une barrière de récupération des crapauds longue de 500 mètres. À l’heure où nous publions ce reportage, 1 400 individus ont pu être sauvés grâce à ce dispositif.

D24, étang, crapauds, marsangy
À gauche au fond, l’étang, dans la plaine de Bourienne. Pour l’atteindre, il faut d’abord traverser la D24. Photo: Emmanuelle Veil.
crapaud commun, marsangy
La construction de la barrière, un travail collectif. Eric, le maraîcher bio de Marsangy, est passé juste avant creuser une tranchée avec son petit tracteur pour amollir la terre. Photo: Catherine Simonet.
crapaud commun, marsangy
La barrière piège : des fers à béton pour tenir le grillage, et des seaux de 10 litres enterrés pour récupérer les crapauds. Photo: Catherine Simonet.
crapaud commun, marsangy
Daniel Bourget, naturaliste, explique ci-dessous le principe de la barrière piège. Photo et prise de son: Catherine Simonet.
crapaud commun, marsangy
La barrière installée, Clotilde Rouanet et ses amis du Ruban vert récupèrent chaque jour les crapauds, les recensent et les déposent de l’autre côté de la départementale. Photo: Claire Tutenuit, Le Ruban vert.
crapaud commun, marsangy
Dans les mains de Clotilde, deux crapauds déjà en train de s’accoupler. Il faut venir les récupérer dans les seaux très tôt le matin, sinon les prédateurs (putois, corneilles, renards) les mangent. Photo: Claire Tutenuit, Le Ruban Vert.

À voir aussi, ce court-métrage de trois minutes tourné en 2017 à Marsangy par Vincent Moissenet lors d’un ramassage nocturne sous la pluie au milieu des voitures :


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Herisson-tirelire par Erwann TerrierJe fais un don

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À propos de l’auteur

EMMANUELLE VEIL

Journaliste, co-fondatrice du journal minimal, je suis spécialiste des questions de société.

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