Sor’bio, Sciences Potirons… les AMAP étudiantes se multiplient comme des petits pains

Après les Marches pour le climat, la mode est aux AMAP étudiantes. Reportage à la Sorbonne Nouvelle (Paris 3), où une association propose des paniers de fruits et légumes bio, locaux et de saison.

Etudiants, ils ont créé une AMAP à La Sorbonne
Une AMAP étudiante à la Sorbonne. Photo: Eugenio Prieto Gabriel/Sorbonne Nouvelle.

Depuis le 1er octobre, à l’Université Sorbonne Nouvelle, il est possible d’acheter des fruits et légumes bio, locaux et de saison à prix abordables ! Et cela grâce à l’Association étudiante pour la responsabilité environnementale à Paris 3 (Arep), qui a annoncé à la rentrée qu’elle proposerait désormais des abonnements mensuels aux livraisons hebdomadaires d’un petit producteur fermier.

Le panier revient à 10 € et dedans on trouve, par exemple, en ce mois d’octobre 2019 : 10 pommes de terre, 4 poires, 1 fenouil, 1 chou-fleur, 1 salade.

FRUITS ET LÉGUMES FRANCILIENS

Fondée il y a tout juste un an, alors même que les différentes manifestations de lycéens et étudiants commençaient à éclore en France, l’Arep s’est inspirée des associations écologistes de l’École Normale Supérieure, de Sciences Po Paris et de celles de bien d’autres établissements d’enseignement supérieur qui on déjà expérimenté une telle initiative.

L’Arep fait d’ailleurs appel au même producteur : le Potager de l’Epinay, une ferme biologique basée à Orcemont (Yvelines). « Nous favorisons les fruits et légumes qui poussent bien dans la région » raconte Rémy Groulard, qui tient la ferme avec son frère, Christophe.

ENGOUEMENT DES ÉCOLES PARISIENNES

La demande des universités est si forte auprès du Potager de l’Epinay que les agriculteurs sont submergés. « C’est encourageant d’avoir autant de commandes, mais nous avons nous avons du mal à faire face à cet engouement des écoles parisiennes. Nous cherchons donc des solutions à court terme, comme cet automne où nous allons construire 600 m2 supplémentaires de serres pour répondre à la demande », expliquent les agriculteurs.

C’est pour cette raison que l’Arep a dû, pour son premier mois d’existence, se limiter à la vente de 42 paniers. Qui raviront tout de même 55 bénéficiaires, grâce à la possibilité de partager son abonnement. « Ne serait-ce qu’avec la saisonnalité des produits que nous proposons – par exemple, il n’y aura pas de courgettes dans nos paniers avant le mois de mai prochain – nous portons un message pédagogique » remarque Rémy Groulard.

Noémie Genty, étudiante à la Sorbonne Nouvelle et membre de l'Amap.
Noémie Genty, en 2è année de licence Littérature et Anglais à Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Membres de l’Arep, elle a participé à la mise en place de l’AMAP étudiante et des paniers Sor’bio. Photo: Laura Remoué.

La question financière est aussi cruciale pour les étudiants, souvent un peu ric-rac au niveau du porte-monnaie. « Cela fait deux ans que j’essayais de manger le plus de nourriture bio que je pouvais, mais cela représentait un lourd budget. Désormais, je vais plus facilement augmenter ma consommation grâce à ces paniers Sor’bio. Ça n’est pas cher et c’est un moyen simple de manger sainement » se réjouit Hannah Myrhe, 19 ans, étudiante norvégienne.

C’est après avoir reçu des cours à Philadelphie sur l’impact environnemental de l’agriculture que Kevin Medansky, 23 ans et étudiant américain, a eu une prise de conscience : « Et maintenant, ici, je trouve un peu étrange d’être l’Américain en France qui revendique un retour vers le patrimoine gastronomique, mais j’y crois ! ».

Quelques AMAP étudiantes à travers la France
• Paris : Sciences Po (Sciences Potirons), ENS (EcoCampus), Paris 1 (Paris Terri1), Amap de Paris 3 (Sor’bio).
• Nantes : Amap des Petits Pieds de l’Université de Nantes.
• Lyon : ENS (Enverts), Lyon 3 (L3DD).
• Limoges : Université de Limoges, Amap de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (Campus à cultiver).
Liste non exhaustive…

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À propos de l’auteur

LAURA REMOUÉ

Jeune journaliste, passionnée par les problématiques écologiques et féministes, photographe à mes heures perdues.

4 commentaires

  1. Avatar

    Excellentes initiatives, quand on sait que beaucoup d’étudiants se nourrissent mal et à la va-vite. On voit des étudiantes, pas un seul garçon! Est-ce que se nourrir sainement serait une tendance féminine?!

    • Laura Remoué

      Bien vu Anouk ! L’association AREP est elle-même composée d’une majorité d’étudiantes et la liste des inscrits aux paniers fermiers compte une quasi exclusivité d’abonnées. Nous nous sommes posés cette même question et tenterons peut-être d’y répondre dans un prochain article 😉

  2. Daniel

    Un éclairage édifiant sur ces pratiques étudiantes auxquelles on ne pense pas spontanément. Effectivement, comme le mentionne Anouk, on pourrait avoir l’impression que la nourriture saine est un sujet de préoccupation féminine. Et bien, en tant qu’homme, j’aurais du mal à protester, mon dealer de légumes bio étant…une femme.
    Ceci dit, les femmes, ici comme ailleurs, ont beaucoup à nous apprendre.

    • Laura Remoué

      Et cette initiative n’en est qu’une parmi beaucoup parmi beaucoup d’autres ! Je ne peux que vous encourager en tout cas à écouter ce que les femmes ont à vous enseigner 🙂

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