Épisode 2 : Six mois sans viande et je suis en pleine forme

Elle l’a fait ! Depuis le printemps dernier, la journaliste Sylvie Barrans ne mange plus d’animaux. Elle partage sa nouvelle vie de végétarienne dans le journal minimal.

Pixabay
Crédit photo : Pixabay

Un végane, c’est quelqu’un qui a compris que pour boire du lait, manger du fromage et mettre cette riche crème dans votre soupe glacée de courgettes, il faut tuer des veaux, des chevreaux ou des agneaux. Sans abattage, pas de lait, point barre. Donc un végane, c’est quelqu’un qui a compris cela, et qui le refuse. Moi, j’ai compris ça à 50 ans. J’ai honte, mais c’est une sorte de gros tabou vis-à-vis de ces naïfs citadins, qui de toute façon, préfèrent se laisser bercer par ce conte de fées dont le héros est le lait, symbole de la pureté, du calcium, de la maman (au choix, selon son psy, freudien ou lacanien).

Je ne suis pas encore végane, mais j’aimerais. Pour l’instant, je refuse totalement de me priver du fromage de brebis bio de Kamila, à Hélette (Pays basque), un des meilleurs au monde à mon avis. Cela viendra peut-être. J’ai même encore la nostalgie du sandwich au saucisson parfait ! Baguette de pain au levain, vrai beurre généreusement tartiné, tranches de saucisson des Aldudes ni trop épaisses, ni trop fines, petits cornichons dispatchés ça et là dans le sandwich, comme un rappel que la vie peut piquer parfois mais que c’est pour mieux gouter au bonheur. Bref, ça, c’est fini.

PERDU 4 KILOS, EN MANGEANT BEAUCOUP PLUS

Six mois que je n’ai pas mangé de viande, et je suis en pleine forme. Dans ma tête et dans mon corps. Perdu 4 kilos, en mangeant beaucoup plus. Je me détache aussi du sucre plus facilement, je ne sais pas pourquoi, mais c’est un fait que le sucré, depuis que j’ai arrêté la viande, m’attire moins. Je suis beaucoup moins fatiguée. « Pas étonnant, commente mon amie Isabel, l’énergie que ton estomac passait à digérer la viande est disponible maintenant pour autre chose ! »

J’ai ressorti La cuisine végétarienne pour tous de mes 20 ans. Il est sur ma table depuis quatre mois. Il faudrait réviser – l’équilibre d’une alimentation végé, c’est du sérieux –, mais ça m’ennuie un peu. Je n’ai lu que les deux premières pages. En attendant, je bats le rappel de mes souvenirs : associer riz et haricots (comme au Mexique), semoule et pois chiches (comme au Maroc), pois cassés et riz (comme dans le minestrone en Italie), rendre sexy le quinoa et le sarrasin avec une riche sauce au curry et lait de coco, le tout avec autant de légumes que l’on veut. Un peu de soja, pas trop. Et le matin, mon muesli optimiste : une banane écrasée, du miel, du citron, et des noix, noisettes, amandes, pistaches écrabouillés avec quelques grains de canneberge séchés.

Susan Tomnay, La Cuisine végétarienne pour tous
Susan Tomnay, La Cuisine végétarienne pour tous (Éditions Könemann)

Comment ça va ? Mieux. Je ne suis pas sûre de ne plus jamais manger de viande. Mais ce sera le jour où les abattoirs d’aujourd’hui auront disparu, et quand ces animaux sensibles, que nous élevons pour ensuite les tuer, ne seront plus maltraités du début jusqu’à la fin. Les mesurettes prises par le gouvernement après le scandale des abattoirs et l’hypocrisie vis-à-vis des méthodes d’abattage rituel casher et hallal me font croire que ce n’est pas pour demain.

Partager
Aller à la Une

À propos de l’auteur

SYLVIE BARRANS

Journaliste free-lance, j'habite le Sud Ouest de la France et j'écris sur l'écologie.

5 commentaires

  1. Si je peux me permettre, pour tous ceux qui aimeraient passer au végétarisme en évitant les carences et les cours inutiles de nutrition :

    Retenir que dans le même bol alimentaire (repas), pour retrouver l’équivalent de votre dose protéinique carnée, il vous faudra consommer 4/5 de céréales = riz, blé, maïs, orge, avoine…(et/ou leurs dérivés) pour 1/5 de légumineuses = lentilles, fèves, haricots, pois, pois-chiche, luzerne, trèfle, lupin…(et soja avec un bémol sur ce dernier, que je développerai après) et/ou leurs dérivés.

    Veillez si possible à associer aux céréales en grain, des légumineuses en grain, aux farines de céréales des farines de légumineuses, aux germinations de céréales des germinations de légumineuses etc… Mais n’en faites pas un casse-tête !

    Pour le reste mangez varié et local (plus facile à contrôler la qualité des fruits et légumes dans ce cas là)

    Pour ce qui est de la (ou du) Quinoa, je soulève les faits suivants
    1) cette graine n’est pas encore cultivée en Europe, et donc en France, et par conséquent elle arrive essentiellement du Pérou et du Mexique (donc de très loin !)
    2) les habitants pauvres du Mexique et du Pérou qui avaient pour nourriture de base cette graine (totalement complète en chaine protéinique) ne peuvent plus se la payer (elle est devenue trop chère pour eux !) = conséquence de son succès en Europe…

    POUR LE SOJA (et il s’agit du soja jaune, et non du soja vert dit « soja Mungo ») :
    1) Cette légumineuse qui nous provient d’Asie, s’est très bien acclimatée à notre continent et pays, sauf que nos sols ne sont pas tout à fait près à permettre sa bonne croissance (il faut les ensemencer plusieurs années de suite avec une bactérie spécifique, pour obtenir les premières récoltes dignes de ce nom)…
    A SAVOIR AUSSI :
    Les cultures de soja OGM, produits par l’ancienne méthode de trans-génèse, sont encore interdites en France, ce qui nous en préserve un peu, mais dans le reste de l’Europe, elle sont autorisées suivant les pays.
    Pour les nouveaux OGM (obtenus par muta-génèse) le soja français offre moins de garantie, surtout avec la technique « crispr » (https://blogs.mediapart.fr/victorayoli/blog/061016/ogm-nouvelles-menaces-encore-plus-redoutables, qui concerne officiellement le tournesol et la luzerne en France, si je ne me trompe pas).
    2) Il faut savoir aussi que cette légumineuse n’est pas consommable tel que (c’est à dire simplement cuite). Tous les asiatiques encore accrochés à leurs vielles traditions et savoirs ancestraux le savent bien et c’est pour cela qu’ils ne consomment le soja jaune cuit qu’après transformation par lacto-fermentation ! C’est ainsi qu’ils ont développé tous les produits dérivés du soja tel que :
    – Tempeh = soja cuit écrasé et mis en lacto
    – les misos (coupés avec une céréale = riz, orge, blé…) = fermentation sur un à 3 trois ans de soja cuit broyé, partie solide présentée en pâte à tartinée
    – les soyu (coupé en général avec une céréale) = sous forme liquide, équivalent des misos ci-dessus
    – le miso hatcho = partie solide résultante de la fermentation de soja cuit broyé sur 5 ans.
    – le tamari = partie liquide résultante de la fermentation du soja cuit broyé sur 5 ans.

    En fait le soja jaune cuit contient tellement de flavonïnes (une enzyme agissant en perturbatrice endocrinienne, connue pour être cancérigène) qu’il est toxique à haute dose pour l’organisme humain !
    Cependant les multinationales de l’agro-alimentaire, toujours en recherche de nouveaux marché à développer aux mépris des règles de base d’hygiène et de santé des citoyens se sont bien moqué de cet aspect et nous ont arrosé de produits dérivés du soja pas très sains pour « surfer sur la vague de la mode du soja à tout va » (développant une quantité faramineuse de produits dérivés du soja cuit non issus de lactofermentation).

    Une seule firme en France développe divers produits issus du soja, selon les méthode de lacto-fermentation, il s’agit des gammes « SOJAMI »… De plus vous avez la garantie que leur soja est issu de cultures françaises et biologiques ! Vous ne les trouverez donc qu’en magasins bio !

  2. Sylvie Barrans

    Merci Martine j’imprime votre post et je le mets sur mon frigo. C’est vraiment gentil d’avoir pris la peine de développer autant!

  3. « Pour boire du lait, manger du fromage et mettre cette riche crème dans votre soupe glacée de courgettes, il faut tuer des veaux, des chevreaux ou des agneaux ».

    Mille excuses, mais quelque chose m’échappe. Certes je ne suis qu’un bêta de parigot, mais est-il vraiment nécessaire de tuer le veau de la vache qui donne un peu de son lait. Ne pourrait-on pas envisager une sorte de compromis : laisser le veau têter sa mère, mais prendre un peu de lait quand même ?…

    Posée cette remarque (un peu provocatrice je l’admets), je reconnais que l’élevage est une catastrophe écologique et révèle de la part de l’humanité un profond mépris pour ses cousins animaux…

    • Sylvie Barrans

      Bonjour Bruno
      Je comprends tout à fait votre question… puisque je l’ai posée à une éleveuse de chèvres il y a 4 ans en ces termes exactement. La réponse est non, si on veut du lait il faut retirer les petits à leur mère. C’est cruel et c’est comme ça. De même les poules pondeuses sont abattues tous les ans ou tous les deux ans, pour une production optimisée. Bref à mesure que l’on apprend tout ça on fait comme on peut…

      3

Exprimez-vous !