Éloge de l’abeille… quand les insectes ont le bourdon

Après un très remarqué Éloge du ver de terre, le jardinier Christophe Gatineau a écrit avec la naturaliste Sylvie Corré un plaidoyer en faveur de l’abeille.

Eloge de l'abeille, le livre de Christophe Gatineau
« Éloge de l’abeille… quand les insectes ont le bourdon », par Sylvie Corré et Christophe Gatineau. Photo: Iris Petitjean.

Le genre
Pamphlet.

Le pitch
Ce livre dépeint la diversité des insectes pollinisateurs, sans qui les plantes à fleurs auraient bien du mal à se reproduire… Il dénonce avec vigueur la disparition de ces petits êtres sauvages.

Les auteurs
Agronome de formation, Christophe Gatineau est cultivateur et auteur. Fervent défenseur de la nature, en particulier celle que l’on malmène par méconnaissance, il publie régulièrement sur son blog Le Jardin Vivant des articles sur les systèmes de culture sans pesticide, sans engrais chimique et sans pétrole. Il a écrit ce livre avec Sylvie Corré, très engagée elle aussi dans la préservation de la nature et du vivant.

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Notre humble avis
Ce livre est salutaire : alors que l’on se penche maladroitement sur le déclin de nos abeilles mellifères, il nous rappelle qu’un millier d’autres espèces cousines périssent dans l’indifférence générale – du moins celle des politiques. Au fil des pages, Christophe Gatineau et Sylvie Corré (dont je partage la manie d’adorer caresser les fesses des bourdons…) dialoguent, blaguent, s’interpellent pour que le texte se rapproche plus de la discussion de cabane au fond du jardin que de l’essai lourd.

Les nombreuses références et publications scientifiques citées étayent le propos et fournissent des arguments au lecteur soucieux de lutter pour la survie de ces animaux sauvages qui ne bénéficient d’aucune protection juridique. Le format se veut léger, minimaliste mais vindicatif, épinglant les exploiteurs de la nature : apiculteurs productivistes, agriculteurs intensifs, politiciens et autres promoteurs des agro-systèmes gigantesques.

Une phrase du livre
« Et même si les marchands de pesticides essayent de nous faire gober que les abeilles passeraient entre les gouttes, tous les insecticides ont été spécialement conçus pour balayer tous les insectes, sans exception. »

Un extrait du livre
« Apprenons à aimer les insectes, cessons de nous butiner, et pollinisons-nous les idées car l’urgence est absolue. Il y a un temps pour tout, maintenant est venu celui de donner un statut juridique au ver de terre, à l’abeille à miel, au bourdon terrestre… Il faut protéger ces icônes de notre système alimentaire. C’est la première marche ; la seconde sera de donner un statut juridique à la Nature, parce que juridiquement, elle n’a aucune existence légale. Il y a urgence, le temps presse, les vers de terre disparaissent, les insectes disparaissent, et avec eux, les sols nourriciers.

Pour résumer, les vers de terre nourrissent les sols, et les sols nourrissent les plantes qui nous nourrissent ; ou nourrissent les animaux que nous mangeons. Et si dans la nature, comme dans la vie, personne n’est irremplaçable, aucune technologie ou bestiole ne peut remplacer le travail de ces animaux. C’est un fait rare, exceptionnel, en opposition avec celui de l’abeille à miel puisqu’elle a des remplaçantes, mais des remplaçantes qui sont encore plus mal en point qu’elle ! Bref, l’urgence absolue est de sauver tout le monde, sans distinction d’espèce, de nationalité, de race. »

Sylvie Corré et Christophe Gatineau, Éloge de l’abeille… quand les insectes ont le bourdon, Flammarion, mai 2019, 246 pages.


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À propos de l’auteur

IRIS PETITJEAN

Écologue de formation, je concilie mes deux passions, les insectes et la typographie, en écrivant en pattes de mouche.

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