Bonnet blanc et béret bleu

Quelles sont les propositions de Macron et Le Pen pour limiter le réchauffement climatique, en finir avec la société de consommation, enrayer la destruction de la faune, de la flore et des ressources naturelles ?

On a eu beau retourner dans tous les sens leur profession de foi du second tour, on n’a quasiment rien trouvé : deux fois l’expression « transition écologique » chez Macron, pas un seul mot chez Le Pen… Difficile à croire ? Si vous ne les avez pas encore reçues, les voici :

Profession de foi d’Emmanuel Macron pour le 7 mai
Profession de foi de Marine Le Pen pour le 7 mai

Une telle irresponsabilité ne peut qu’étonner de la part de deux citoyens aspirant à la plus haute fonction exécutive, dans la mesure où il s’agit de la question centrale posée à l’Occident aujourd’hui, d’où découlent les inégalités, l’accès aux ressources, les guerres, les migrations, la survie ou l’extinction des espèces (dont la nôtre).

Comment expliquer cela ? Emmanuel Macron semble tout appréhender à travers l’économie, il intègre ainsi « la transition écologique » comme une simple mutation des systèmes de production, sans remettre en cause le capitalisme. Nous avons ici déjà pointé ses décisions prédatrices lorsqu’il était ministre de l’Économie (cf son décret sur le sable en Baie de Lannion) Et puis, les animaux, il s’en fiche (cf. ses propositions pro-chasse).

OXYMORE INSANE

Marine Le Pen, de son côté, toute à son amour exclusif de « la France », ne voit pas plus loin que les frontières administratives du pays. Pro-nucléaire, comme si Tchernobyl et Fukushima n’avaient pas existé, pro-voitures comme si l’industrie automobile n’était pas une des causes du réchauffement climatique, pro-chasse elle aussi et partisane de politiques natalistes en dépit du bon sens, elle essaye de vendre aux citoyens le concept d’une « écologie patriote » (cf notre article du 9 décembre 2015). Un oxymore insane : l’écologie, c’est penser un présent et un avenir collectif désirables à l’échelle planétaire.

Il est vrai que Macron n’est pas emballant, mais en face Le Pen est suremballée. De son programme ultra-marketé à ses affiches photoshopées, cette politicienne illuminée (1) est devenue un produit standardisé en face duquel pas mal de braves gens disent qu’ils vont s’abstenir car pour eux Macron et elle c’est « blanc bonnet et bonnet blanc », « la peste et le choléra », « ni patrie ni patron », etc.

Marine Plus
À gauche : l’affiche du 1er tour. À droite, l’originale qui apparait et nous parle en réalité augmentée sur l’application pour smartphones Marine Plus.

Mais on a beau suremballer, la réalité du produit finit toujours par se révéler. Sur l’application Marine Plus, sorte de Snapchat lepéniste lancé en mars dernier pour séduire les jeunes, on peut se déguiser virtuellement, grâce à des filtres, en supporter français ou en… milicien ?

Marine Plus
Capture d’écran des filtres Marine Plus.

(1) Cf la réponse délirante qu’elle fit à l’animatrice Karine Le Marchand lorsque celle-ci lui demanda qui elle appellerait en premier au téléphone si elle remportait l’élection dimanche 7 mai : Une ambition intime : Marine Le Pen appellera Jeanne d’Arc si elle gagne en 2017


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À propos de l’auteur

EMMANUELLE VEIL

Rédactrice en chef du journal minimal, je suis spécialiste des questions de société.

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