Adopte un blob #05 : Les déboires s’accumulent, Blob Morane est malade et je ne sais plus où donner de la tête

L’expérience de science participative du CNRS est chronophage, j’ai fait des erreurs dans le protocole, Blob Morane va mal, dans quoi me suis-je embarquée ?

Les déboires s'accumulent

Lettrine, l apostropheexpérience de science participative du CNRS « Derrière le blob, la recherche » me demande au bas mot deux heures de travail par jour (voir l’épisode 4 : Blob Morane et ses clones poussent à toute vitesse). Deux heures de mon temps pour ces informes trucs jaunes, alors que c’est la couleur que je déteste ! Dans quoi me suis-je embarquée ?

Je ne suis pas la seule à galérer
En lisant quelques-uns des milliers de commentaires laissés sur le groupe Facebook créé pour les 15 000 participants au programme, je me suis rendu compte que cette étape de ras-le-bol que je vis n’est pas un phénomène isolé. Nous sommes nombreux à galérer et finalement je m’estime plutôt chanceuse. Chez certains, la souche n’est pas aussi facile à vivre que celle que j’ai reçue et leurs blobs ne poussent pas, voire décèdent lors des expérimentations.

On lit surtout chez beaucoup que le temps manque. En effet, lors des inscriptions pour cette expérience de science participative, il était indiqué que les manipulations nous prendraient trente minutes par jour… pour en réalité parfois plus de trois heures quotidiennes affirment certains participants. Pour ce qui me concerne, j’ai dû revoir mes horaires afin de dégager une heure chaque matin et un peu plus d’une autre chaque soir pour me consacrer à mes blobs.

Encore plus motivés que moi, certains participants avaient lors des inscriptions choisi de recevoir deux souches de blob, ce qui double leur nombre de manipulations quotidiennes ! Quelques-uns, hélas, annoncent avec amertume qu’ils vont devoir cesser leur participation à l’expérience, bien trop chronophage.

Eh oui, ce n’est pas le tout de verser tous les matins un bouchon de flocons d’avoine à des blobs affamés. Il faut préparer leur substrat de gélose, nettoyer leur vaisselle, les photographier, enregistrer et renommer les clichés, relever leurs paramètres et les répertorier correctement…

Il faut tout noter scrupuleusement. Notamment cette maladresse que j’ai commise le jour nº 2 du protocole 10, où j’ai renversé une boîte contenant la gélose, et où j’ai donc dû poser un fragment de blob dans une boîte sèche. Le pauvre n’a pas aimé du tout !

Des bêtises
Et ce n’est que la moindre des erreurs que j’ai faites ! Certaine d’avoir enfin mémorisé les étapes du protocole à effectuer tous les jours, je faisais scrupuleusement mes relevés, la première expérimentation se déroulait sans accroc… jusqu’à ce que je m’aperçoive qu’au lieu de soumettre mes blobs expérimentaux à un pic de chaleur pendant vingt-quatre heures, je ne les avais fait bronzer « que » pendant les sept heures d’intervalle entre les mesures du matin et du soir. Voilà dix jours d’expérimentation effectués en vain ! Heureusement, l’équipe de recherche, toujours très réactive et disponible pour les milliers de questions que les participants posent, m’a rassurée, et conseillé d’effectuer un autre protocole.

Encore des soucis !
Chacun des protocoles permet de soumettre les blobs à un profil différent de vague de chaleur puisque le but de cette expérience, rappelons-le, est d’étudier les effets du réchauffement climatique sur les organismes du sol. Mais voilà qu’à la fin du troisième protocole, un nouveau souci m’est tombé dessus : une pénurie de gélose ! Plus un seul sachet d’agar-agar (un extrait d’algue gélifiant) de la marque demandée par les chercheurs ne semble disponible autour de chez moi. Je me suis rendue dans tous les magasins de Poitiers : rien ! Et comme il ne faut pas modifier les conditions expérimentales en leur proposant un autre substrat, j’ai donc mis les expériences en pause.

Il y a un moyen simple de faire une pause avec les blobs : on peut les « endormir ». Mais j’ai choisi de miser sur la chance : comme il me reste chaque jour un tout petit peu de gélose, je la conserve, et en faisant de nouveau fondre ce volume il sera possible de remplir quelques boites pendant quelques jours. Je n’élève donc plus que quatre petits Blob Morane pendant cette semaine, et je croise les doigts pour que la semaine prochaine les magasins soient de nouveau réapprovisionnés.

Mes blobs sont patraques !
Ce petit interlude de croissance n’est finalement peut-être pas si mauvais… en effet, en voulant transférer les blobs sur un substrat propre aujourd’hui, je me suis aperçue que deux des Blob Morane faisaient de drôles de têtes ! Alors oui, c’est vraiment ténu, ils sont légèrement orangés au lieu de jaune vif, mais maintenant que je les connais bien, je m’aperçois tout de suite qu’ils n’ont pas leur bouille habituelle. Les blobs seraient-ils tombés malade ? Qu’aurais-je fait pour les contaminer ?

La lecture du cahier où tout est noté ne m’a hélas pas permis de me rappeler une quelconque erreur, un éternuement intempestif dans les boites ou que sais-je… J’ai dû sans m’en apercevoir utiliser deux boîtes mal lavées. En tout cas, j’ai vite éliminé les blobs malades, et divisé en deux les blobs sains pour retrouver quatre boites… Allez Morane, tiens le coup : il faut que la semaine prochaine, tu recommences à expérimenter !

Mes déboires : deux Blob Morane sont malades.
Si, si, il faut me croire, ces deux blobs sont souffrants. On voit des taches un peu plus foncées sur le premier, et le second est entièrement orange. Photo: Iris Petitjean.

Alors oui, les blobs me prennent beaucoup de temps et d’énergie, mais je suis gratifiée de savoir que peut-être, tous ensemble, les milliers de citoyens participants, les chercheurs et surtout les blobs, nous ferons avancer la science.


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À propos de l’auteur

Écologue de formation, je concilie mes deux passions, les insectes et la typographie, en écrivant en pattes de mouche.

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