Adopte un blob #06 : « Vas-y Blob Dylan, éclate-toi dans le compost ! »

Notre journaliste Iris Petitjean accueille un blob du CNRS pour une grande expérience de science participative. Un jour, au lieu de congeler « Blob Dylan », elle l’a mis dans le compost…

Blob Dylan dans le compost
Blob Dylan semble bien apprécier ce noyau de mangue. Photo: Iris Petitjean.

Lettrine, respecter les protocoles scientifiques établis par le CNRS n’est pas toujours facile. À la fin de chaque expérience, qui dure de cinq à dix jours selon la mission assignée aux 15 000 participants, il faut se débarrasser des blobs ayant servi à l’expérience en les plaçant au congélateur. J’ai donc dû, après avoir passé plusieurs jours à choyer « Blob Dylan », le sacrifier, ce qui m’a vraiment fait de la peine.

Les quatre boîtes de croissance de la partie « expérience », alias Blob Dylan, à sacrifier à la fin du protocole. Photo: Iris Petitjean.

C’est pourquoi à la fin du deuxième protocole je n’ai pas tué le nouveau Blob Dylan mais l’ai versé encore vivant dans le bac à compost de la résidence. Vas-y, Dylan, grignote nos déchets !

Blob Dylan dans le compost
Photo: Iris Petitjean.
Blob Dylan dans le compost
Photo: Iris Petitjean.

Audrey Dussutour, madame Blobs au CNRS, m’a rassurée au sujet d’une éventuelle invasion : cet organisme vit déjà chez nous, et les conditions de son développement sont rarement optimales quand on le rejette dans la nature. Alors dans le compost il va manger, peut-être se faire manger, et sans doute entrer en dormance ou déguerpir face à la chaleur insupportable que peut atteindre un tas de compost.

À moins qu’il ne rencontre une souche locale de Physarum polycephalum, d’un type sexuel différent du sien (il existe plusieurs centaines de types sexuels chez les blobs), et qu’il ne se reproduise avec… En effet, les blobs sont potentiellement partout ! C’est simplement que la plupart du temps, ils sont en dormance car l fait bien trop sec pour qu’ils étendent leurs pseudopodes.

Et maintenant, je vous présente Blob Afett…
De plus, un soir, j’ai conservé l’un des morceaux à éliminer dans une boîte de plastique à part, ornée d’un autocollant du clone chasseur de primes dans Star Wars, Boba Fett.

Boba Fett
Boba Fett.

Je suis donc désormais assistée lors des manipulations par « Blob Afett », qui lui a droit à un traitement de faveur, puisqu’il n’est plus dans l’expérience. Morceaux de bois (il adore y dévorer les petits champignons, et se cacher sous l’écorce !), biscuits (il a un faible pour les biscuits apéritifs), fromage (ça, en revanche, il hait !)… il m’accompagne partout et trône présentement près de mon clavier alors que je tape ces mots.

Blob Afett
Photo: Iris Petitjean.
Blob Afett
Blob Afett se délecte des champignons blancs sur le bois. Photo: Iris Petitjean.

L’aventure clonale et l’impressionnante faculté de régénération des blobs ne s’arrête pas là. Une amie a voulu elle aussi adopter un blob, et je lui ai transmis un fragment de Blob Morane. Hélas… transporté dans des conditions de température un peu trop élevée et d’humidité un peu trop faible, il a fini par entièrement noircir (et sentir franchement mauvais) à peine arrivé dans son nouveau chez-lui.

Entièrement ? Non ! Un minuscule fragment d’un millimètre demeurait jaune. Alors elle l’a prélevé, et déposé sur de la terre humide, faute de gélose. Et le blob est reparti ! Il s’appelle Blob Un, et est en train de se requinquer.

Blob Un
Ce petit fragment jaune d’un millimètre est capable de donner un gros blob bien vaillant.
Blob Un
En effet, quelques heures plus tard, le voilà qui se lance à l’assaut des flocons d’avoine.

Quand il sera bien en forme, elle le divisera pour assurer sa survie, et il y aura donc bientôt un petit Blob Deux. Longue vie à lui !


Pour suivre les publications de mon journal préféré, je reçois la lettre minimale, chaque 1er jeudi du mois. Bonne nouvelle, c’est gratuit et sans engagement !

Partager
Aller à la Une

À propos de l’auteur

Écologue de formation, je concilie mes deux passions, les insectes et la typographie, en écrivant en pattes de mouche.

6 commentaires

  1. Bonjour,
    Cet article précis ne relate pas une expérience, mais plutôt ce que j’ai fait des « restes » de l’expérience.
    Le but général de l’expérience du CNRS est d’étudier l’impact des vagues de chaleur sur les organismes du sol. Je détaillerai cela dans le prochain article 🙂

  2. Bonjour

    Je trouve votre article et cette expérience très intéressants car ce sont les champignons et les bactéries qui sont a l’origine de la vie et qui nous permettent de vivre .

    • Bonjour

      Votre expérience m’intéresse .

      Dès que j’aurais trouvé un blob sur un morceau de bois je vais faire ce que vous avez fait.
      je le placerai sur mon tas de compost car je suis curieux de constater la réaction du blob.

      Je suis un simple citoyen lambda qui aime la science.
      Encore merci

      • Bonjour Peter,
        Je vous souhaite de trouver ! Si vous recherchez des vidéos d’Audrey Dussutour sur internet, il en existe une dans laquelle elle explique comment trouver un blob sur un morceau de bois, cela pourrait peut-être vous aider 🙂

Exprimez-vous !