Remaniement : 5 conseils aux ambitieux qui aimeraient en être

Du bon usage du suspense concernant le remaniement. Vous aimeriez bien en être, mais personne dans la presse n’évoque votre nom… Que faire ?

Lettrine, chiffre 1Publier un tweet disant que vous démentez toute rumeur qui vous placerait parmi les ministrables (succès assuré auprès de journalistes qui ne savent rien et qui recherchent avidement quelque chose à se mettre sous la dent).

Lettrine, chiffre 2Répondre à tout appel téléphonique immédiatement après la première sonnerie et déclarer à votre interlocuteur que, non, vous n’êtes pas rivé derrière votre portable.

Lettrine, chiffre 3Déclarer en « off » à un journaliste que vous ne savez rien sur le nom du futur ministre de l’Intérieur, mais que vous avez (comme par hasard) quelques petites informations pertinentes concernant quelques secrétariats d’État, mais que vous ne direz rien par respect et amitié pour le président de la République.

Lettrine, chiffre 4Appeler un journaliste sur un sujet anodin (mais dont vous maîtrisez les tenants et aboutissants – ce dont il se fout évidemment totalement) et interrompez brusquement la conversation en disant que vous avez un appel très important que vous devez absolument prendre. Laissez ensuite votre ligne occupée pendant plus d’une heure et attendez que le journaliste rappelle. À ses questions pressantes, répondez que c’était l’Élysée mais que cela n’avait rien à voir avec le remaniement, mais que cela concernait le sujet très obscur (dont vous êtes spécialiste) pour lequel vous l’avez lui (le journaliste) appelé un peu plus tôt. Il ne vous mettra peut-être pas parmi sa liste des ministrables mais, au cas où, il vous fera un court papier sur votre sujet pas très vendeur…

Lettrine, chiffre 5En plein colloque, prenez l’appel de votre vieille tante et quittez brusquement la tribune avec un air très sérieux. Allez à l’extérieur de la salle, fumez deux ou trois cigarettes (nerveusement), lâchez quelques bouts de phrases du type « C’est un grand honneur », « oui, oui, j’ai été un des premiers à appeler à voter pour lui »… Attendez qu’un des autres intoxiqués à la cigarette qui n’était pas loin de vous rentre dans la salle. Attendez cinq minutes avant d’y retourner avec le visage le plus impassible possible mais en veillant à avoir l’œil qui pétille en vous excusant bruyamment d’avoir du sortir (ce dont tout le monde se foutait) et filez en urgence dès la fin de réunion sans rien dire à personne.

Bon, j’ai encore une vingtaine de conseils de cette nature, mais je dois vous laisser car j’ai un appel urgent sur ma ligne secrète (dont tout le monde a le numéro).

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À propos de l’auteur

ANDRÉ GATTOLIN

Sénateur LREM (ex EELV) des Hauts-de-Seine, je suis Vice-Président de la commission des Affaires européennes.

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