Voilà 5 ans que le journal minimal existe grâce à vos dons, en route vers les 10 ans ?

Chers lecteurs, notre 7e campagne de financement participatif est ouverte ! Celle-ci est spéciale car nous fêtons nos cinq ans d’existence, une prouesse pour un média indépendant, qui plus est dans un contexte de moins en moins favorable à la liberté de la presse.

Appel aux dons pour les 5 ans du journal minimal

lettrine il y a cinq ans, lorsque nous avons mis le site en ligne, nous écrivions ceci : « Le journal minimal est un journal pour tous, petits et grands, indigènes et migrants. C’est un journal en accès libre, sans publicité, que nous souhaitons accessible à tous, pour que l’information circule, car il n’y a pas de démocratie sans liberté de la presse, et la démocratie, ces temps-ci, a besoin que l’on soit aux petits soins pour elle. »

Cinq ans plus tard, en cet automne 2020 marqué par l’intensification des violences policières tous azimuts (y a t-il encore d’honnêtes citoyens qui se sentent en sécurité lorsqu’ils croisent des forces de l’ordre ?), nous n’avons pas un mot à retirer à cette présentation. La liberté de la presse est menacée et la démocratie est mal en point. Quand un modèle commence à s’effondrer, en l’occurrence le capitalisme, il devient de plus en plus autoritaire, pour se maintenir. À cet égard, nous serions tentés d’envisager 2005 comme date charnière : ce fut l’année de la répression brutale des émeutes sociales dans les banlieues via l’instauration de l’état d’urgence, l’année du passage en force de la Constitution européenne ultra libérale de Giscard d’Estaing, contre le vote des Français. Mais l’on pourrait évidemment trouver bien d’autres dates critiques.

CORDONS DE POLICE

Quoi qu’il en soit, les régimes « démocratiques » sont, comme chacun sait, organisés selon le principe de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, afin d’éviter leur concentration entre les mains d’une seule personne. Or, dès son arrivée à l’Élysée, notre président de la République a légiféré par ordonnances pour réformer le droit du travail sans débat au Parlement (lors même qu’il y dispose d’une majorité écrasante), transformant le Palais Bourbon en simple chambre d’enregistrement. Et la récente nomination, au ministère de la Justice, de l’avocat Eric Dupond-Moretti dont une des premières mesures fut de poursuivre des juges du parquet national financier, a fait dire à l’ensemble des magistrats que l’institution judiciaire était désormais « en danger ».

Quand au quatrième pouvoir, la presse, indispensable à l’équilibre démocratique, elle s’en prend plein la figure depuis l’acte 3 des gilets jaunes, le 1er décembre 2018, au cours duquel l’Élysée faillit être pris d’assaut. Depuis cette date, le président de la République sait qu’il ne doit son salut qu’aux cordons de police. Aussi laisse-t-il à celle-ci la bride sur le cou dans toutes les manifestations contestataires (excepté les défilés homophobes de ses amis LMPT), quitte à mutiler des manifestants et tabasser les journalistes qui suivent les cortèges.

CERVEAUX DISPONIBLES ?

Comment une telle violence est-elle possible ? Le monde entier s’en étonne, qui avait pris le pimpant M. Macron pour un John Fitzgerald Kennedy. Et la presse étrangère hallucine de voir le président Français l’appeler pour se plaindre de tel ou tel article. C’est inconvenant. S’en rend-il compte ?

Tout comme sont inconvenantes les interminables conférences télévisuelles qu’il impose aux Français à chaque confinement/déconfinement/reconfinement. Beaucoup d’entre nous ne parviennent plus à écouter ces messes au ton emphatique à défaut d’être empathique. Nos cerveaux sont-ils disponibles ? Avec cette épidémie de Covid-19, dont la propagation incontrôlable doit tant aux grands déplacements des classes dominantes (voyages d’affaire, sauts de puce touristiques), certains d’entre nous sont tombés malades, ont perdu des proches, ont perdu leur travail, ont perdu le moral, n’ont plus de quoi manger à leur faim, voire n’ont plus de toit.

L’AUTRE CHEMIN

On aurait pourtant plaisir à écouter le président de la République si, au lieu de nous traiter de fachos verts, il nous annonçait qu’il va mettre en œuvre les 150 propositions de la Convention climat pour éviter que de telles épidémies se reproduisent, s’il nous annonçait qu’il allait travailler main dans la main avec John Kerry, le Monsieur Climat de Joe Biden, qui vient de déclarer que l’accord de Paris est insuffisant. Nous aurions tant plaisir à l’écouter s’il nous annonçait qu’il allait financer l’hôpital public, mettre en place le revenu universel, améliorer l’accueil des réfugiés et les aires des gens du voyage, virer les hommes violents qui l’entourent et respecter enfin sa promesse de nommer une femme à Matignon. On aimerait tant l’entendre annoncer la mise à l’arrêt des centrales nucléaires vieillissantes au bord de l’explosion, nous dire qu’il renonce définitivement aux néonicotinoïdes et qu’il va mettre de l’ordre dans le Far West des antennes relais ?

Mais ce n’est pas pour tout de suite. Alors, en attendant, le journal minimal entend continuer à mettre en lumière cet autre chemin qui est possible : celui du retour à l’essentiel, la vie selon le philosophe Épicure.

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À propos de l’auteur

EMMANUELLE VEIL

Journaliste, co-fondatrice du journal minimal, je suis spécialiste des questions de société.

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