Épisode 9 : Le marché est un ordre séculier, quelque part il va falloir mettre le bazar

Le minimaliste Pierre Roubin vit avec 43 objets. Dans cet épisode, il évoque la nécessaire remise en cause des évidences propagées par le marché et la société de consommation.

Bourse, profits, marché
Illustration: Pixabay.

Lettrine, l apostropheÉtat, dont le rôle est essentiellement législatif, ne peut pas grand-chose pour nous. Il a très souvent un rôle de régulation, il vient mettre de l’ordre dans un bazar qui compromet le vivre ensemble. Pour réguler, il faut que l’État ait pris conscience du désordre.

Mais dans le domaine de la consommation, qui touche au marché et aux grands équilibres entre l’emploi, les ressources, les moyens, l’activité des entreprises, le désordre est soigneusement entretenu et ne se voit pas. Le marché est une sorte de friche nauséabonde soigneusement ratissée tous les matins par les lobbys, les groupes d’intérêts, les directions marketing des grandes entreprises, et même parfois des groupes de consommateurs. Nul désordre aucun, bien au contraire, une espèce d’immense orbe céleste, un ordre séculier, amovible dont la seule trajectoire est une course sans fin vers la croissance, la démesure, et pour finir l’anéantissement.

CASSER DES CHOSES, À COMMENCER PAR NOS ÉVIDENCES

Pour ceux qui prennent conscience de cette trajectoire il va falloir remonter toutes les pistes, déconstruire toutes les évidences, remettre en cause toutes les équations, contredire tous les postulats. Il est question ici de remettre du désordre dans l’ordre des choses ! Quelque part, il faut mettre le bazar. Il faut casser des choses, à commencer par nos évidences, casser les outils par lesquels nous pensons, par lesquels nous voyons. Il faut douter de ce monde en toute chose. Il faut douter de l’avenir, et ne surtout pas croire en sa clémence.

Dans cette disruption générale de l’ordre des choses, l’individu, plus que le citoyen, est un maillon essentiel. Ce n’est que lorsque l’individu qui sommeille au fond de chaque citoyen, l’individu qui grondent derrière chaque décision, derrière chaque élu, aura accompli sa propre révolution, que de nouvelles choses pourront s’établir.

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À propos de l’auteur

PIERRE ROUBIN

Ma démarche minimaliste est très matérialiste (au sens de pragmatique), urbaine, et en même temps réflexive. Je suis philosophe de formation donc j'aime bien manipuler aussi les idées.

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