La santé par les abeilles, bienfaits et limites de l’apithérapie

L’apithérapie, c’est se soigner avec du miel, du pollen, de la gelée royale. Un scientifique fait le point sur les propriétés thérapeutiques des produits de la ruche.

La couverture du livre la sante par les abeilles, bienfaits et limites de l'apitherapie
La santé par les abeilles, bienfaits et limites de l’apitherapie, par le Dr Denis Richard, Editions Ulmer, 2020.

Le genre
Guide pharmaceutique.

Le pitch
L’apithérapie c’est quoi ? Utiliser des produits de la ruche pour leurs vertus thérapeutiques ou cosmétiques. Cette médecine vieille comme le monde est employée pour prévenir ou traiter diverses affections (rhumatismes, arthrites, affections respiratoires…). L’ouvrage détaille scrupuleusement chacun des éléments issus de l’exploitation des abeilles (miel, pelotes de pollen, venin…), afin de mieux comprendre d’où ils viennent, ce qu’ils sont, et s’ils possèdent effectivement des propriétés cliniques vérifiées par des méthodes scientifiques.

L’auteur
Denis Richard est docteur en pharmacie et praticien hospitalier. Il est l’auteur de nombreux livres de vulgarisation scientifique sur le thème de la nature.

Mon humble avis
Avant de lire ce livre je pensais que l’apithérapie, comme toutes ces médecines alternatives, c’était juste bon pour quelques illuminés. Et puis j’ai réalisé que la question n’était pas de se « traiter » par des médecines « douces », mais bien de n’avoir pas besoin de se traiter. L’apithérapie n’est à mon avis pas destinée à être curative, mais préventive. Utiliser des produits de la ruche ne dispense pas d’avoir recours aux médicaments industriels, qui ont été scientifiquement testés et dont l’efficacité est reconnue.

ANTIBACTÉRIEN

Ce guide démêle les faits des croyances. En effet, si l’on peut aisément trouver tout et n’importe quoi sur internet au sujet des miracles que pourraient produire les sécrétions des abeilles, le miel, la propolis, la gelée royale, le pollen, le pain d’abeille, la cire, et même le venin possèdent cependant des propriétés que l’on peut scientifiquement éprouver.

Loin de tout mysticisme, Denis Richard décrit un par un les produits de la ruche, leur fonction première au sein de celle-ci (car n’oublions pas qu’en premier lieu, les productions des abeilles sont des atouts vitaux pour… les abeilles !), les moyens contemporains de les obtenir, et leurs propriétés, quand elles ont pu être validées. On apprend donc que si le miel ne prodigue pas l’immortalité, il reste une gourmandise savoureuse, et un bon antibactérien : son application sur les plaies accélère leur cicatrisation, en « aspirant » les germes.

GUÉRIR LES BOBOS

L’auteur n’omet pas de mettre en garde contre d’éventuelles allergies, et indique que de nombreux produits de la ruche vendus sont frelatés, il est donc indispensable de savoir décoder les étiquettes, et de favoriser bien entendu les méthodes d’exploitation respectueuses des abeilles.

En fin de compte, ce guide a sans doute plus sa place dans la cuisine que dans l’armoire à pharmacie : les sécrétions des abeilles sont intéressantes au quotidien, simplement pour se maintenir en forme, guérir les « bobos », et garder un organisme sain (pour cela, il est indispensable d’harmoniser aussi le reste de son hygiène évidemment). On évitera ainsi de laisser entrer les maladies pour lesquelles une médecine douce n’est plus d’aucun secours.

Une phrase du livre
« Le fruit du travail des abeilles constitua longtemps une part essentielle des pharmacopées, au même titre que les plantes médicinales : ainsi, le papyrus égyptien Ebers, daté de trois mille six cents ans, l’un des plus anciens textes médicaux connus, multiplie les recettes à base de miel sous forme d’onguents, d’emplâtres, de décoctés et de collyres. »

Un extrait du livre
Les posologies préconisées varient beaucoup selon les marques commercialisées ou les livres, Tout traitement doit être initié à dose très faible pour vérifier l’absence de réaction allergique. Chez l’adulte, il est conseillé de consommer quotidiennement environ 15 à 20 g de pollen frais (soit une cuillère à soupe rase) le matin au petit-déjeuner, soit 20 à 25 g de pollen déshydraté. Ces quantités peuvent être doublées ou triplées en début de traitement (et alors partagées en 2 ou 3 prises sur la journée) ; elles sont réduites de moitié chez le jeune enfant et d’un tiers chez l’adolescent. Des cures de 1 à 3 mois sont répétées jusqu’à trois fois chaque année. Riche en cellulose et en sporopollénine résistantes, l’enveloppe protectrice du pollen est peu digestible : seulement 10 à 15 % des constituants des grains sont exploitables par l’organisme. Il est recommandé d’en améliorer l’assimilation en les hydratant ou en les conservant longtemps en bouche avant de les avaler. Le pollen peut être trempé dans l’eau chaude (parfois additionnée de miel) 1 ou 2 heures avant utilisation. Compte tenu de sa saveur à la fois aigre et amère parfois peu appréciée et de sa texture farineuse, le pollen en pelotes gagne à être mélangé à un yaourt, à du kéfir, à une compote, une soupe, un jus de fruits ou de légumes, ou à être aromatisé avec un peu de miel. »

La santé par les abeilles, bienfaits et limites de l’apithérapie, Dr Denis Richard, Editions Ulmer, 2020, 144 pages.


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À propos de l’auteur

IRIS PETITJEAN

Écologue de formation, je concilie mes deux passions, les insectes et la typographie, en écrivant en pattes de mouche.

Un commentaire

  1. Christophe Gatineau

    Bonjour,

    Quand je lis :  » Chez l’adulte, il est conseillé de consommer quotidiennement environ 15 à 20 g de pollen frais (soit une cuillère à soupe rase) le matin au petit-déjeuner, soit 20 à 25 g de pollen déshydraté.  »

    D’accord, mais comment produire de telles quantités sans une exploitation industrielle des abeilles et au dépend de la bonne santé des colonies ?

    A mon avis, c’est impossible, sinon à engendrer une nouvelle catastrophe écologique.

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