Funérailles écologiques, pour des obsèques respectueuses de l’homme et de la planète

Quand on adopte un mode de vie minimaliste, comment, même en mourant, peser le moins possible sur nos ressources ? Voici un guide qui donne plein de solutions.

La couverture du livre Funérailles écologiques, pour des obseques respectueuses de l'homme et de la planète
Photo : Iris Petitjean.

Le genre
Guide

Le pitch
Les auteures retracent le chemin tortueux de l’organisation de funérailles. On y retrouve les démarches à effectuer pour prévoir des obsèques respectueuses de la planète, la présentation de cimetières gérés écologiquement, un carnet d’adresses et un résumé de tous les services auxquels faire appel.

Les auteures
Brigitte Lapouge-Déjean est jardinière-paysagiste et contribue au magazine Les 4 Saisons du jardin bio ; elle a déjà publié de nombreux livres traitant de jardinage avec des pratiques écologiques. Laetitia Royant est auxiliaire de vie.

Mon humble avis
Cet ouvrage est indispensable, pour ceux qui veulent penser à des obsèques écologiques mais aussi pour tous les autres, parce qu’il est le premier à traiter d’un sujet que l’on ignore trop : comment s’organisent des obsèques ? Les entreprises de pompes funèbres sont en France détenues par trois grands groupes, il est difficile de pouvoir faire jouer la concurrence et surtout de savoir ce qui est obligatoire et ce qui ne l’est pas.

Il est par exemple tout à fait possible de refuser des soins de conservation (thanatopraxie), notamment par conviction écologique : les produits employés sont néfastes pour l’environnement… et le praticien. De même, la toilette mortuaire peut être effectuée par les proches qui souhaiteraient éventuellement se « réapproprier » l’approche de la mort, assistés d’une infirmière. On y apprend aussi qu’un cercueil est obligatoire, mais pas sa garniture, et que les différents bois employés se dégradent plus ou moins rapidement, tout comme leurs éventuels vernis, plus ou moins polluants. Le cercueil en carton commence tout juste à faire son apparition chez nous, et certains crématoriums font croire qu’il est interdit, alors qu’il est tout à fait autorisé, plus léger et plus écologique.

On apprend beaucoup dans ce guide, on visite des cimetières, on découvre des idées (des cercueils vannerie, des ornements tricotés…), on s’initie un peu à la botanique (bouillon-blanc et mauve se plaisent dans très peu de sol avec leurs petites racines, et se ressèment aisément pour un fleurissement annuel)… On réfléchit aussi, beaucoup, sur soi-même, ses proches, et cela peut être une bonne amorce afin de discuter sereinement des choses. Ce livre remet la mort à sa place, c’est-à-dire dans la vie ; place d’où elle est bien trop souvent exclue.

Une phrase du livre
« Dès l’entrée dans ce cimetière, une image forte s’impose : un alignement de graminées, entre trèfle rose et fleurs sauvages pimpantes. »

Un extrait du livre
« Si le défunt n’a pas défini de souhait de son vivant, il sera imposé à sa famille (ou à la personne chargée de s’occuper des funérailles) une ‘formule standard’ qui ne sera pas en adéquation avec des valeurs écologistes. Ainsi, en cas de crémation, une fois brûlés le bois et ses vernis, peintures et accessoires se volatilisent en fumées relativement toxiques, qui sont à l’origine d’émissions de CO2, de dioxines, de particules de métaux lourds, de mercure etc.

Jusqu’à il y a peu, les cercueils étaient systématiquement réalisés d’après des critères qui ne se soucient pas du type de peintures, de vernis et de colles utilisés. Néanmoins, une volonté d’aller vers une attitude ‘écoresponsable’ pousse les fabricants à amorcer un virage. Un premier pas a été fait. Car des recherches pour faire évoluer les propositions ont amené certains groupes à utiliser des peintures et produits de finition à l’eau, moins impactants que les produits habituels. Ceci dit, ils ne sont pas encore « écolo » au sens où nous l’entendons. Car, de la même manière que dans le domaine des peintures murales, ce sont des réponses ‘intermédiaires’, qui visent à améliorer la proposition mais ne remettent pas encore en cause les pratiques initiales. »

Brigitte Lapouge-Déjean et Laetitia Royant, Funérailles écologiques, pour des obsèques respectueuses de l’homme et de la planète, Terre vivante, octobre 2017, 256 pages.


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Herisson-tirelire par Erwann TerrierJe fais un don

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À propos de l’auteur

IRIS PETITJEAN

Écologue de formation, je concilie mes deux passions, les insectes et la typographie, en écrivant en pattes de mouche.

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