Épisode #01 : Cafoutch, la petite épicerie marseillaise qui monte, qui monte…

À Marseille, l’épicerie autogérée Mini Cafoutch veut ouvrir une grande surface, le Super Cafoutch, pour concurrencer les hypermarchés. Le journal minimal va suivre l’aventure.

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Le Mini Cafoutch. Photo: Sophie Creusillet.

Dans le sud-est de la France, une cafoutch désigne le petit placard ou le débarras dans lequel on range les denrées alimentaires ou les produits d’entretien. Depuis deux ans à Marseille, le Mini Cafoutch est aussi une surface de vente exigüe de 60 m2 qui commence à faire parler d’elle. Située dans un quartier populaire du centre-ville, entre la porte d’Aix (une place en déshérence), Belsunce (le Barbès marseillais) et la rue de la République (une artère commerçante descendant jusqu’au vieux port), l’enseigne coopérative et participative a désormais pour objectif d’ouvrir une grande surface.

DÉCISIONS STRATÉGIQUES

Le principe du Mini Cafoutch est le même que celui des autres supermarchés collaboratifs. Moyennant l’acquisition de parts sociales à hauteur de 100 € et trois heures de travail par mois, chacun peut participer à la prise de décisions stratégiques (1 personne = 1 voix) et faire ses courses au Mini Cafoutch. Des fruits et légumes aux produits d’hygiène en passant par l’épicerie sèche, le pain, les alcools, les œufs, les fromages ou encore le saucisson, les 430 coopérateurs viennent y faire leurs emplettes de produits essentiellement bio, locaux et équitables.

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Le Mini Cafoutch. Photo: Sophie Creusillet.

Mais on trouve aussi, dans les rayons de cette pièce en longueur aux allures d’épicerie de campagne, quelques produits conventionnels. « Moins chers, ils répondent à un besoin de s’ouvrir à toutes les bourses, explique Bénédicte, ancienne chargée de développement du projet. Le but est qu’à terme tout le monde puisse faire toutes ses courses au Super Cafoutch donc on essaie de trouver des produits équivalents en conventionnel, mais toujours de qualité. »

Exemple avec les œufs : 3,09 € la boîte de six en bio et 1,79 € pour ceux « de plein air ». Idem du côté de l’huile d’olive : 25,96 € le litre d’huile bio produite dans les Bouches-du-Rhône pour 8,35 € son équivalent importé d’Espagne. Les coopérateurs comptent sur un changement d’échelle avec l’ouverture d’une grande surface pour augmenter le volume des commandes et proposer des produits bios et locaux à des prix plus attractifs. Ce qui est déjà le cas pour certaines références comme les amandes de Sicile à 15,38 € le kilo, soit deux fois moins cher que dans une épicerie bio traditionnelle.

INSPIRÉS PAR LA LOUVE

Attendue, espérée, l’ouverture du Super Cafoutch, qui devrait se concrétiser cette année (la recherche de locaux est en cours), sera l’aboutissement d’un travail de longue haleine (voir l’histoire dessinée ci-dessous). En 2015, deux Marseillais, qui ont depuis vogué vers de nouveaux horizons, ont vent du projet de la Louve, à Paris. Ils lancent l’idée d’un supermarché coopératif dans la cité phocéenne, bientôt reprise et développée par d’autres. L’année suivante, l’association Les Ami.e.s du Super Cafoutch voit le jour, suivie un an plus tard par la création d’un groupement d’achat dont le nombre de commandes double en moins de douze mois !

La grande histoire du Super Cafoutch, illustrée par Charlotte Juin et contée par Raoul.
La grande histoire du Super Cafoutch, illustrée par Charlotte Juin et contée par Raoul.

« Le Mini Cafoutch fait figure de test, c’est un lieu d’expérimentation et de réflexion, où l’on tente des choses, on voit ce qui marche ou pas, on se pose des questions et on essaye de trouver des solutions », résume Stéphane, coopérateur qui a remplacé Bénédicte au poste de chargé de développement pendant son congé maternité. Organisation des temps de travail des coopérateurs, approvisionnement, campagnes de mobilisation… L’idée n’est pas de calquer un modèle mais de se l’approprier et de l’adapter aux spécificités marseillaises.

> Découvrez la suite de Mon supermarché autogéré vendredi 6 mars 2020 dans le journal minimal.

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À propos de l’auteur

SOPHIE CREUSILLET

Journaliste économique ayant fait un détour par le travail social, je m’intéresse aux aventures humaines. J’aime le bruit des pas dans la neige, les éléphants et le bortsch (passionnément).

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