Épisode #04 : À Marseille, le déconfinement lent et en mode drive de la supérette Cafoutch

Le déconfinement de l’épicerie autogérée Mini Cafoutch va bientôt commencer. Grâce à un nouveau logiciel, les membres pourront commander leur panier de victuailles, à récupérer sur place.

Le déconfinement de l'épicerie se fera de manière progressive
Le déconfinement de l’épicerie se fera de manière progressive. Photo: Sophie Creusillet.

Les oranges de Sicile, les fromages fermiers et les miches de la boulangerie solidaire Pain et Partage commencent à sérieusement manquer aux coopérateurs, qui avaient pris collectivement la décision de fermer le Mini Cafoutch pendant le confinement. Ils ont donc décidé de le réouvrir bientôt, et d’abord en mode drive (à emporter).

La réouverture sous sa forme initiale (self service) n’est pas encore envisageable : les stocks sont quasi vides, l’épicerie a besoin d’un grand ménage et, déconfinement ou pas, recevoir à nouveau du public alors que le coronavirus rôde toujours requiert un protocole sanitaire strict. Tout cela prend du temps, beaucoup de temps..

UN DRIVE SANS VOITURES

Les différentes branches du magasin (approvisionnement, informatique…) ont profité de ces quelques semaines d’immobilité forcée pour concocter à distance et en visioconférence un plan de reprise d’activité.

Celui-ci s’appuie en partie sur une innovation technologique : en janvier dernier, le forum des coopérateurs avait voté la mise en place du logiciel libre Odoo, un outil informatique de gestion. Une épidémie plus tard, Odoo servira finalement aussi à enregistrer les listes de courses via une plateforme dédiée réservée aux coopérateurs, qui viendront ensuite récupérer leurs emplettes sur place.

Le déconfinement a été facilité par le logiciel Odoo
Le logiciel Odoo est un ERP (« Enterprise Ressource Planning »), en français on parle de PGI, Progiciel de Gestion Intégré. Photo: Sophie Creusillet.

Les premiers paniers commandés sur Internet devraient être disponibles à la fin de la semaine prochaine. Ce système, comparable au « drive » des grandes surfaces (même si les coopérateurs viennent majoritairement faire leurs courses à pied ou en transports en commun !) devrait permettre à la supérette de renouer avec un chiffre d’affaires, et à ses membres de retrouver de bons produits à des prix abordables. Mais il faudra encore attendre un peu avant de reprendre les apéros entre coopérateurs et d’échanger les recette de cuisine ou astuces pour fabriquer ses produits ménagers dans la file d’attente de la caisse.


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À propos de l’auteur

SOPHIE CREUSILLET

Journaliste économique ayant fait un détour par le travail social, je m’intéresse aux aventures humaines. J’aime le bruit des pas dans la neige, les éléphants et le bortsch (passionnément).

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