Double peine pour les lycéens qui avaient délaissé le contrôle continu et tout misé sur le bac

La suppression du baccalauréat pour cause de Covid-19 va pénaliser les élèves qui avaient délaissé le contrôle continu et se focalisaient sur les concours.

le contrôle continu va désavantager les eleves forts à l'examen
©École Polytechnique – J.Barande, 2017.

Cette année, exceptionnellement, les élèves de terminale auront le baccalauréat grâce au contrôle continu, c’est à dire en fonction des notes obtenues tout au long de l’année. La décision ministérielle d’annuler l’examen national pour cause d’épidémie n’a pas fait l’unanimité dans le milieu scolaire.

Le bac noté en contrôle continu va pénaliser les lycéens qui, comme Maxence, actuellement en terminale dans un lycée du Val-d’Oise, ne s’étaient « pas donné à fond en cours » : « Je ne savais pas que cela compterait pour le bac, du coup je n’aurais sans doute que la mention Assez Bien alors que j’aurais sûrement fait mieux en passant les épreuves. » « Sans délaisser entièrement le contrôle continu, je privilégiais vraiment les concours, explique Romain, en terminale économique et sociale dans le même établissement que Maxence. La suppression des épreuves du bac est très négative pour moi ». Pour les élèves qui avaient carrément tout misé sur le bac, cela pourrait même remettre en question l’obtention de celui-ci.

LES CONCOURS REMPLACÉS PAR LES DOSSIERS

Cette situation est également dommageable pour les lycéens qui préparent depuis des mois (voire des années) des concours du supérieur éloignés de leur spécialité en terminale, et qui ont parfois laissé de côté des contrôles et des matières entières afin de se concentrer sur la préparation de domaines spécifiques. Une situation assez courante : en 2018, pas moins de 36 % des étudiants admis au collège universitaire de Science Po étaient titulaires d’un baccalauréat scientifique.

En terminale scientifique au lycée d’Herblay (Val d’Oise), Maëlian préparait les concours Avenir et Advance qui permettent d’intégrer une école d’ingénieurs. « Il n’y a plus vraiment d’épreuves. Elles ont été remplacées par une étude de notre dossier. » Quelques établissements, comme l’École supérieure de commerce d’Amiens ou l’IDRAC Business School ont décidé de maintenir les oraux par webcam. Mais le dossier et le contrôle continu conservent une place centrale et remplacent les épreuves écrites.

RENFORCEMENT DES INÉGALITÉS

Conscients de la situation, des enseignants majorent les moyennes des élèves selon leur investissement ces dernières semaines. « Les profs sont assez conciliants. Ils peuvent nous rajouter des points si ils voient que nous sommes assidus pendant le confinement, si on rend les devoirs à temps et qu’on assiste à tous les cours en visioconférences », témoigne Maëlian. Ces quelques points supplémentaires revêtent une importance cruciale. Mais cela ne permet pas de retrouver l’éclat donné par le côté anonyme et égalitaire du bac : un contrôle continu avec 14 de moyenne n’aura sûrement pas la même valeur, aux yeux du jury d’admission dans un cursus du supérieur, si l’élève vient d’un lycée lambda ou d’un lycée parisien très réputé.


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À propos de l’auteur

ÉLODIE MÜNTZ

Étudiante passionnée d'histoire et de philosophie, j'écris aussi des articles.

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