Orchestral Manoeuvres in the Dark

À l’appel de Nuit debout, 350 musiciens se sont réunis au soir du 20 avril place de la République à Paris pour interpréter la Symphonie du nouveau monde. Le journal minimal y était.

La répétition des cordes (Crédit vidéo : Emmanuelle Veil)

Mercredi 51 mars (20 avril 2016), à la nuit tombée, après seulement deux heures de répétition, au milieu d’une place de la République bondée, 350 musiciens qui n’avaient jamais joué ensemble ont attaqué le 4e mouvement (allegro con fuoco) de la Symphonie du nouveau monde d’Antonín Dvořák. Assis en tailleur sur les dalles de la place de la République, les spectateurs semblaient totalement charmés par ce grand concert acoustique improbable, monté en quelques jours sur Facebook, à l’initiative de Nuit debout.

Photo : Emmanuelle Veil
Tous assis pour l’Orchestre debout. (Crédit photo: Emmanuelle Veil)
Photo : Catherine Simonet
Des spectateurs (Crédit photo: Catherine Simonet)
Photo : Catherine Simonet
Des spectateurs (Crédit photo: Catherine Simonet)

Un orchestre symphonique de rue, du jamais vu peut-être, dirigé par un jeune chef juché sur un promontoire comme un tribun, avec pour baguette un smartphone en mode torche qui, lorsqu’il faisait de grands gestes, évoquait un sabre de Star Wars. De leur côté, les flûtistes, cornistes, violonistes, contrebassistes (etc.) jouaient avec leurs sacs en bandoulière ou sur le dos ; les partitions tenaient avec des pinces à linge pour résister au vent et certains instrumentistes ressemblaient à des spéléologues avec leur lampe frontale.

Un extrait du concert (33 secondes) :

Photo : Catherine Simonet
Les musiciens saluent le public. (Crédit photo: Catherine Simonet)

À la fin de la prestation, et après plusieurs rappels, un trompettiste a lancé le thème du negro spiritual When the Saints Go Marching In. Un développement qui aurait sans doute beaucoup plu à Dvořák, lui qui à la fin du 19e siècle, lorsqu’il dirigeait le conservatoire de New York, défendait les musiques noires et amérindiennes. C’est d’ailleurs de ces mélodies populaires qu’il s’était imprégné pour composer sa Symphonie du nouveau monde.

Vu le succès de l’opération (une affluence record pour la Nuit debout), de nouveaux concerts du même type pourraient avoir lieu prochainement. Les infos sont données sur la page Facebook de l’orchestre.

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À propos de l’auteur

CATHERINE SIMONET

Pianiste et compositrice, directrice de la publication du journal.

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