Comment je suis devenue nomade : toute ma vie dans une valise de 10 kilos

Réceptionniste dans les hôtels, Lucile Bourdet a tout envoyé balader il y a quelques années : son boulot, ses affaires. Devenue nomade, elle nous raconte son mode de vie minimal.

Valise de 10 kilos minimalsime nomadisme

Cela fait maintenant 6 ans que j’ai quitté définitivement ma vie en métropole et mon travail de réceptionniste d’hôtel pour celui de blogueuse minimaliste, rédactrice web et touche-à-tout. Avant de quitter ma Bourgogne natale pour mon tout premier voyage d’un an en Australie, j’ai trié, vendu, recyclé ou donné plus de 80 % de mes affaires. Aujourd’hui, je n’ai plus ni logement fixe, ni voiture, je suis devenue nomade. J’ai réussi le défi de faire tenir toute ma vie dans une valise de 10 kilos seulement.

En tant que minimaliste, j’ai décidé de mettre l’essentiel au centre de mes priorités afin d’être libre comme l’air. Il ne s’agit pas d’un slogan pour une pub ! En me délestant du superflu et en réduisant mes possessions au strict minimum j’ai pris la meilleure décision de ma vie.

MON UNIQUE PETITE CULOTTE

Vivre avec très peu stimule ma créativité : je n’ai plus à perdre un temps fou à chercher lequel de mes trois t-shirts je vais mettre aujourd’hui, la réponse est toujours la même : « Celui qui est propre. »

Comme j’ai une préférence pour les pays chauds, je passe la majeure partie de l’année en Asie du Sud-Est. Sur place je n’ai pas besoin de beaucoup de vêtements comparé à la vie en Europe avec ses multiples changements de température. Moins de vêtements c’est moins de poids pour ma valise, et moins de temps perdu dans les transports.

Lorsque je prends l’avion pour rejoindre L’Asie où je vis durant l’année, je peux tout mettre en cabine, pas besoin d’attendre trente minutes à l’arrivée (dans le meilleur des cas…) pour récupérer mon bagage. Expérience retenue de mon arrivée au Brésil il y a 6 ans où ma valise était restée à Francfort durant une escale.

Cette leçon fut salvatrice et m’a vraiment convaincue de reconsidérer mon rapport à la possession. Pendant les dix jours au cours desquels je fus privée de valise, il ne me restait que mon ordinateur, mon appareil photo, ma brosse à dents et une unique petite culotte de rechange. Croyez-le ou pas ce fut le meilleur moment de mon voyage ! J’ai quand même racheté une robe et un maillot de bain, mais ces journées avec presque rien m’ont fait prendre conscience que vivre avec peu est le secret de la liberté.

JE M’EN FICHE

En tant que minimaliste nomade je pratique le slow travel : s’il m’est nécessaire de prendre un avion pour rejoindre un continent, une fois sur place je compense ma taxe carbone en utilisant les transports locaux (bus, train, tuk-tuk). Je n’achète rien qui ne me soit pas utile ou vital (pas d’achat de souvenirs made in China), je mange local et végétarien. Aussi voyageant de manière slow je reste sur place plusieurs mois voire parfois l’année complète, je ne prends jamais l’avion pour partir quinze jours à l’autre bout du monde.

Le minimalisme que j’ai choisi présente quand même quelques inconvénients : si le fait d’avoir peu de vêtements est un vrai gain de temps, je porte aussi souvent les mêmes choses… Mais personnellement je m’en fiche, car si on réfléchit bien, selon la loi de Pareto nous n’utilisons que 20 % de ce que nous possédons 80 % du temps. En éliminant ces 80% de superflu je n’utilise finalement que mes affaires préférées ! Il ne faut pas non plus oublier de choisir des couleurs assorties afin d’éviter de passer pour un clown.

LE STANDARD MINIMALISTE

Vivre avec si peu de vêtements impose de faire sa petite lessive à la main presque quotidiennement. Pour moi la technique est super simple, quand je rentre d’un footing avec mes vêtements trempés de sueur, je prends une douche et j’en profite pour laver le linge en même temps. En un rien de temps c’est propre, il n’y a plus qu’à mettre le tout à sécher ! Cependant porter et donc laver toujours les mêmes affaires, les use bien plus vite. Il m’est donc indispensable de les renouveler une fois par an.

Quand on est une nomade minimaliste ont doit trouver des objets qui répondent à un certain « standard minimaliste » : utile, multifonction, solide et léger. C’est tout le défi de la chose ! Par exemple, ma paire de chaussures idéale doit être assez résistante pour faire du trekking, assez légère pour faire mon footing et assez classe pour être mise avec une robe lors d’un après-midi touristique.

Vous comprendrez qu’avec ces principes minimalistes, lorsque je recherche un objet qui m’est indispensable, j’ai l’impression de partir à la quête du Graal. Eh bien, je trouve cette aventure exaltante et stimulante !

Le blog de Lucile Bourdet


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À propos de l’auteur

Auteure, créatrice du blog Positivessence et podcasteuse. Que ce soit dans la vie de tous les jours, en voyage ou dans le domaine entrepreneurial, j'expérimente toutes les formes de minimalisme.

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