Des scientifiques testent une méthode révolutionnaire pour sauver les coraux

Des tests sont en cours au large des Philippines pour aider les coraux à repousser. Un espoir sérieux de freiner la disparition de ces animaux menacés par la pollution.

corail
Un récif corallien dans une lagune au nord des îles hawaïennes, dans le Pacifique. Un refuge naturel pour la faune et la flore. Crédit photo: Lindsey Kramer.

Les coraux sont des animaux appartenant au même groupe que les méduses, mais dont le squelette calcaire est externe et qui vivent en colonies, formant alors des super-organismes. Certains d’entre eux forment même un squelette commun propre à la colonie, le récif ; dont nous observons aujourd’hui le blanchissement et la dégradation, principalement à cause du changement climatique et de la pollution.

Pour tenter d’enrayer la perte irrémédiable de ces êtres à la biologie si particulière et qui permettent à de nombreuses autres espèces de survivre, les scientifiques essayent d’améliorer leur taux de reproduction. Cette nouvelle approche est testée depuis trois ans dans des zones de récifs dégradés des Philippines, rapporte la revue Nature. Explications.

Booster leur taux de reproduction
Les coraux émettent leurs ovules et leurs spermatozoïdes librement dans l’eau, où ceux-ci vont devoir s’apparier au gré des courants. Ce phénomène n’a cependant lieu qu’une fois l’an, et seulement si le récif est en bonne santé… Pour les aider à se reproduire, une équipe australienne de scientifiques, conduite par le professeur d’écologie marine Peter Harrison, a tout d’abord prélevé les gamètes émises par des coraux du genre Acropora au large de l’Île Héron, sur la Grande barrière de corail australienne, particulièrement sujette au dépérissement.

Coraux
La grande barrière de corail près de l’Île Héron, en Australie. Crédit photo: The Ocean Agency, Cristophe Bailhache.

Aider les coraux à s’installer grâce à un support
Les larves obtenues par les chercheurs ont ensuite été relâchées dans la mer, après l’installation d’un support fait de squelettes de coraux morts. La méthode semble avoir porté ses fruits : les polypes installés sur ces zones préparées pour la pousse ont pu se développer davantage que ceux qui n’avaient pas eu ce substrat. Mieux, après trois ans ces minuscules colonies semblaient résistantes, et surtout moins attaquées par leurs prédateurs (principalement des algues).

Les avantages d’une telle mise en pouponnière
Ce n’est pas la première fois que l’on tente de multiplier des coraux. Mais la méthode bien connue du bouturage limite leur capacité de résilience en réduisant leur diversité génétique, et lèse la colonie d’où l’on tire la « bouture ». La méthode de « mise en pouponnière » de coraux directement sur leur site de pousse, mise au point par l’équipe du Pr. Peter Harrison, présente donc plusieurs avantages :

  1. Elle permet d’éviter les problèmes parasitaires, physico-chimiques, ou de manipulation… rencontrés lors de la transplantation de coraux qui ont poussé en laboratoire.
  2. Elle améliore le taux de survie du corail grâce à l’apport d’un milieu sécurisant les larves.
  3. Son coût est très faible, selon les scientifiques.

Mais la solution la plus sûre pour préserver les coraux reste bien entendu l’arrêt de la pollution marine !


Pour une presse en accès libre et sans publicité, soutenez le journal minimal !

Herisson-tirelire par Erwann TerrierJe fais un don de Noël

Partager
Aller à la Une

À propos de l’auteur

IRIS PETITJEAN

Écologue de formation, je concilie mes deux passions, les insectes et la typographie, en écrivant en pattes de mouche.

Exprimez-vous !