Des citoyens du monde revendiquent la propriété de l’île Hans, un caillou stratégique sur la route d’énergies fossiles, que se disputent le Canada et le Danemark.

Située à 1000 km du pôle Nord, dans le détroit de Smith au nord du Groenland, l’île Hans est le théâtre d’un conflit géopolitique entre le Canada et le Danemark depuis une quarantaine d’années.
Journaliste et explorateur, Emmanuel Hussenet remarque cette petite île d’à peine 1 km² en 2013, lors d’une expédition. Hans devient pour lui le symbole de la lutte contre la montre, engagée contre la fonte de l’Arctique. Profitant du vide juridique issu du conflit géopolitique, Emmanuel Hussenet créé le mouvement « Hans Universalis » et revendique l’île comme « bien commun » de l’humanité, invitant les citoyens à s’engager dans la préservation de cette petite terre.
UNE ÎLE DÉSERTE
« Il n’y a rien sur cette île » nous prévient Emmanuel, « pas d’intérêts, pas de ressources minières ». Nous voulons « internationaliser un caillou », précise-t-il avec humour. Et poser ainsi la première pierre d’un profond changement diplomatique et surtout questionner notre modèle de développement.

Car l’Arctique est un enjeu fondamental. Malgré les alertes répétées des scientifiques, la fonte des glaces n’est pas un cauchemar pour tout le monde. En effet, elle libèrerait des passages commerciaux rapides entre les grandes puissances (Russie, USA, Canada, Europe…), et notamment dans le détroit où se trouve Hans, mais permettrait aussi l’accès à de nouvelles sources d’énergies fossiles. La fuite en avant continuerait donc…
LES ROBINSON DE LA BANQUISE
Le mouvement « Hans Universalis » demande au Canada et au Danemark de ne plus revendiquer l’île mais de la céder au monde. L’îlot deviendrait terra nullius, en latin, une terre qui n’appartient à personne… Donc à tout le monde.
Cette petite histoire est-elle le début d’une grande histoire ? Vous pouvez suivre « Hans Universalis » sur son site web. Ainsi, pas de « pollution du déplacement », note Evelyne, une des militantes du mouvement. Vous pouvez même, si le cœur vous en dit, devenir copropriétaire symbolique d’un mètre carré de l’île.
A noter : Emmanuel Hussenet et le réalisateur Luc Dénoyer se sont laissés dériver sur la banquise. Luc Dénoyer en a rapporté le documentaire Ultimes banquises, qui a clôturé le Festival International du Film d’Environnement à la Cop21. Une projection a lieu pour les Franciliens le 5 février 2016 à 20h30 à l’Espace Jean Dame, au 17 rue Léopold-Bellan, 75002 Paris. Entrée libre, réservations ici.
Voici la bande-annonce :